Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: tracasseries routières sur le corridor ouaga-bamako

Kader Patrick KARANTAO

9 Juillet 2009


Les acteurs de Bobo-Dioulasso sensibilisés sur le phénomène

Dans le cadre d'une caravane de plaidoyer pour la réduction des tracasseries routières sur le corridor Ouaga-Bamako (Mali), la Coordination régionale des réseaux des jeunes de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (CRJ/ACO) a rencontré les autorités et les acteurs de Bobo-Dioulasso. C'était au cours d'un atelier de sensibilisation, organisé le mardi 7 juillet 2009.

Les participants à la rencontre ont été invités à s'impliquer dans la lutte afin de créer un climat de commerce favorable

en Afrique de l'Ouest.

Le projet entend permettre aux transporteurs de prendre la route sans inquiétude.

Bien trop souvent, sous nos tropiques, les transporteurs sont confrontés à des tracasseries routières malgré l'existence de textes réglementant le trafic au niveau national et sous-régional. Même s'ils ne sont pas irréprochables, ces derniers, du fait de la méconnaissance des lois, subissent parfois des pratiques anormales : érection intempestive de barrières, rackets longues heures d'attente...C'est le cas sur le corridor Ouaga-Bamako. " Ces faits ont un impact négatif sur la vie sociale et économique. Ils peuvent influer sur les prix des produits commerciaux. A travers cet atelier, nous voulons impliquer les autorités locales et les acteurs du secteur des transports de Bobo-Dioulasso dans la lutte que nous menons pour la réduction des tracasseries routières sur ledit corridor", a signifié le secrétaire exécutif de la CRJ/ACO, Bagnomboué Bationo. Et de relever que la rencontre de Sya s'inscrit dans le cadre d'une caravane de plaidoyer qui passe dans quatre villes: Boromo-Bobo-Dioulasso-Orodara et Koloko (frontière du Mali).

Cette caravane constitue l'un des moyens de mise en Å"uvre du projet de réduction des tracasseries routières sur le corridor Ouaga-Bamako, une initiative bien chère à la CRJ/ACO. D'entrée de jeu, ledit projet a été présenté aux participants (autorités locales, forces de l'ordre, transporteurs, etc.) par le responsable de la caravane, Joseph Bélélé Ido. Celui-ci a expliqué que le projet, prévu pour être exécuté en 4 mois, est financé par l'USAID à plus de 4 millions de FCFA. Egalement soutenu par l'UEMOA, il vise à créer un climat favorable au commerce inter-Etats en Afrique de l'Ouest. Et c'est à travers un certain nombre d'activités (caravane de plaidoyer, conception de panneaux de sensibilisation sur les droits et devoirs des routiers, débats-télévisés) que les initiateurs du projet entendent parvenir à leurs fins. " Par le biais de ces activités, nous entendons surtout inviter les autorités locales et les acteurs des transports à contribuer à la réduction des barrières routières sur le corridor Ouaga-Bamako, de la corruption sur le trafic et des longues heures d'attente qui entraînent un retard dans l'acheminement des marchandises ", a fait remarquer M.Ido. En matière de tracasseries routières, a-t-il opiné, les responsabilités sont aussi partagées avec les transporteurs qui sont parfois de mèche avec les forces de sécurité.

Des perceptions illicites sur le corridor Ouaga-Bamako

En réalité, a affirmé le responsable de la caravane, le projet se fonde sur les résultats du 7e rapport de l'Observatoire des pratiques anormales (OPA), une structure de l'UEMOA qui relève du Centre pour, le commerce en Afrique de l'Ouest. Le contenu de cette enquête, menée auprès des transporteurs au premier trimestre 2009, a été porté à la connaissance de l'assistance en présence du répondant de l'OPA au Burkina Faso, Seydou Ilboudo, également animateur de la caravane de plaidoyer. Le rapport met à nu les pratiques anormales citées plus haut, chiffres à l'appui. Ainsi apprend-on, le temps de contrôle sur une distance de 100 Km est de 44 minutes par transporteur au Burkina Faso. Il ressort également que le corridor Ouaga-Bamako (920 Km) connaît des perceptions illicites de 44 375 FCFA par voyageur soit 33 625 FCFA imputables au Mali et 10 750 FCFA au Burkina Faso. Aussi, sur le corridor Lomé-Ouagadougou long de 1020 Km, on enregistre un retard de plus d'une heure sur le trajet du fait des multiples postes de contrôle.

" Si on fait une comparaison avec les autres pays, on se rend compte que la situation n'est pas trop dramatique dans notre pays ", ont rebondi en chÅ"ur les animateurs de la caravane. Mais ce qui est regrettable, ont-ils relevé, c'est que les pratiques anormales persistent en dépit de l'existence des textes réglementaires en matière de transport et de transit routier au niveau des Etats et de l'UEMOA. Eu égard à la persistance des tracasseries routières, les initiateurs de la caravane ont invité les participants à les accompagner dans la lutte pour leur réduction en Afrique de l'Ouest. Hormis les préoccupations en rapport avec les exposés, les participants ont abordé d'autres questions avec les animateurs de l'atelier. Il s'agit entre autres, des agents corrompus dans les rangs des forces de l'ordre et de la non prise en compte du corridor très fréquenté Ouaga-Faramana (frontière du Mali) dans l'itinéraire de la caravane. Sur ce dernier point, le répondant de l'OPA au Burkina Faso a soutenu que la caravane a tenu compte de l'itinéraire défini depuis longtemps par l'UEMOA, à savoir Ouaga-Koloko (frontière du Mali). " Néanmoins, il faut dire que l'UEMOA entend désormais prendre aussi en compte l'itinéraire Ouaga-Faramana qui se révèle être le plus fréquenté", a-t-il conclu.

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