Wal Fadjri (Dakar)

Afrique de l'Ouest: Utilisation organismes génétiquement modifiés - Les spécialistes préconisent l'érection de garde-fous

Ibrahima Diaw

9 Juillet 2009


Les Organismes génétiquement modifiés présentent de réelles opportunités de développement. A condition de l'accompagner par une biosécurité. Les régulateurs et formateurs de 7 pays d'Afrique de l'Ouest sont actuellement en formation à Dakar dans ce sens.

Les organismes génétiquement modifiés (Ogm) se révèlent comme un couteau à double tranchant pour les pays africains qui n'ont pas encore légiféré sur la question. S'ils sont une réelle opportunité de développement, ils n'en demeurent pas moins une potentielle menace pour nos économies. La précision est du vice-recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le professeur Cheikh Saad Bouh Boye prenait part hier à l'ouverture d'un atelier de renforcement de capacités en biotechnologie et biosécurité pour les régulateurs et les formateurs en la matière de 7 pays d'Afrique de l'Ouest.

'Les Organismes génétiquement modifiés constituent une opportunité pour des pays comme le nôtre, dans la mesure où ils apportent une réponse à l'insécurité alimentaire. Mais à l'opposé, ils peuvent nous causer beaucoup d'ennuis. Ils peuvent ainsi contribuer à la disparition de notre agriculture traditionnelle, donc d'une importante main-d'oeuvre pour le continent', souligne l'adjoint de Abdou Salam Sall, conforté par le responsable du Master en biotechnologie végétale et microbienne de l'Université de Dakar. Pire, ajoute le Pr Ibrahima Ndoye, les risques s'étendent à la santé publique et à l'environnement qui risquent, à leur tour, de faire les frais d'une mauvaise utilisation de ces produits.

D'où la nécessité pour ce professeur du département de Biologie végétale de l'Ucad de mettre des garde-fous. Ce qui passe, aux yeux de ces deux spécialistes en la matière par la mise en place d'une législation forte pour assurer la biosécurité sous nos cieux. Mais aussi, la facilitation des interactions entre les régulateurs et les scientifiques. Ce qui pourra favoriser une meilleure compréhension des rôles des uns et des autres dans le déploiement des outils de génie génétique. Mais aussi d'améliorer la sécurité alimentaire et la prise de décision sur des bases scientifiques dans les questions réglementaires. Aussi, s'agit-il pour eux d'encourager l'échange d'informations sur la sécurité sanitaire des aliments et sur la prévention des risques biotechnologiques sur l'environnement. Avec un accent particulier sur les aliments destinés au bétail et issus de récoltes de plants génétiquement modifiés.

Surtout que les biotechnologies constituent, de nos jours, un secteur émergent qui tend à révolutionner plusieurs aspects de l'économie dont les productions issues de l'agriculture et des industries agricoles et alimentaires, la santé animale et végétale. Les spécialistes, comme le maître de conférence Madame Ourèye Sy, estiment également qu'il est largement démontré que les biotechnologies peuvent aussi bien contribuer à la conservation et à la gestion durable de l'environnement et des ressources naturelles que dans la lutte contre l'insécurité alimentaire dans nos pays.

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