Eric Elouga
9 Juillet 2009
Sur le terrain, on assure que les cas de malversations d'agents sont mineurs.
Le rythme du trafic est plutôt irrégulier. Une fine pluie vient de s'abattre, mais c'est davantage la période qui est en cause. Le week-end, moment de grande affluence avec notamment la pléthore d'obsèques à l'Ouest, est encore-là. C'est généralement là que le poste de péage de Mbanga, premier sur la liaison entre Douala et l'Ouest, fait ses meilleures recettes. Ainsi que nous expliquera Hyppolite Issekong, chef de poste, les revenus d'exploitation liés au péage sont tributaires des périodes. En vacances par exemple, les automobilistes sur les routes augmentent. Mais-là, la période est un peu plus creuse. Une des préposées au péage peut même se permettre de délaisser momentanément son poste, pour s'abriter à l'intérieur de la petite bâtisse, en abandonnant toute la tâche à son autre collègue. Les véhicules qui passent s'acquittent tranquillement des 500 F de frais de péage, reçoivent leurs tickets, et poursuivent leur route. Rien de particulier à signaler, tout va bien Madame la marquise.
En apparence du moins, nous laisse entendre Emmanuel F. conducteur régulier sur cette ligne, et qui croit être au fait des petites astuces utilisées pour contourner le péage. Entre les « assos » qui font plusieurs passages en ne payant que la moitié (le différentiel est ensuite partagé entre chauffeurs et agents du péage), les tickets réutilisés, ceux de la veille dispatchés à des usagers distraits, les techniques de distraction ne manquent pas. Mais pour Hyppolite Issekong, tenir les agents du péage pour les responsables du déficit des recettes de péage, c’est se tromper de cible. Si effectivement le responsable du poste de péage reconnaît que humainement, il est impossible d’avoir un niveau de détournement zéro, il juge très négligeables les sommes ainsi non perçues. Avec des recettes moyennes entre 32 et 37 millions de Fcfa par mois, le niveau des sommes reversées à l’Etat, bordereaux à l’appui, est presque toujours resté constant. Du coup, l’écart décrié en début d’année par le Minfi entre les recettes de péage de 2007 et 2008, passées de 5 à 3 milliards de Fcfa, peut difficilement être imputable aux agents de terrain, « gagne-petits » par excellence.
Une position presque partagée au poste de péage d’Edéa, qui compte parmi les plus importants au niveau national en termes de recettes (entre 35 et 44 millions de Fcfa par mois). En expliquant le fonctionnement de la chaîne depuis l’arrivée des carnets de tickets au contrôle des agents, la sécurisation des recettes, l’archivage des bordereaux et la conservation des coupons avant la destruction, le chef de poste estime que les possibilités de détournement sont plus minces, et les accusations contre les agents de péage, exagérées.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.