Paul-Miki Roamba
9 Juillet 2009
Bamako, la capitale malienne a abrité les 1er et 2 juillet 2009, la deuxième édition de la rencontre de haut niveau entre le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et les directeurs généraux des établissements de crédit exerçant au sein de l'UEMOA. Cette rencontre qui fit suite à une première du genre tenue l'an dernier à Abidjan, s'est penchée sur le renforcement de la contribution du secteur bancaire à la relance des économies de l'Union, dans un contexte de crise mondiale.
La crise économique et financière mondiale a dominé les échanges tenus début juillet à Bamako entre le gouverneur Henri Dacoury-Tabley de la BCEAO et 113 responsables de banques et établissements financiers de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il s'est agi, conformément au thème de la rencontre, d'examiner "l'action de la BCEAO dans le contexte de la crise financière et économique mondiale" et d'envisager celle à venir dans la vision d'une relance des économies des pays membres de l'UEMOA. Le ministre malien de l'Economie et des Finances, Sanoussi Touré a salué, dès l'ouverture des travaux, les mesures prises par la BCEAO pour sauvegarder les réserves de change de l'Institut d'émission et pour soutenir la relance même de l'activité économique.
Une relance qui, de l'avis du gouverneur de la Banque centrale, passe nécessairement par les concertations entre la BCEAO et les acteurs nationaux des secteurs bancaire et financier, d'où l'importance de la présente rencontre. Philippe Henri Dacoury-Tabley a par ailleurs insisté sur la nécessité pour les banques nationales, de répercuter à la clientèle l'action de la Banque centrale, notamment en matière de baisse de taux d'intérêt. Les mesures prises par la BCEAO pour limiter les conséquences de la crise financière sur les établissements de crédit ont été saluées par Zakari Darou Salim, président de la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers.
Outre l'analyse de l'impact de la crise financière internationale sur les économies de l'UEMOA, la rencontre de Bamako a été l'occasion de passer en revue le dispositif de gestion de la monnaie et du crédit de la BCEAO, et la perception par le système bancaire des messages donnés par l'Institut d'émission. Les mesures envisageables pour lever les contraintes qui pèsent sur le financement des économies de l'Union ont également été examinées. Le gouverneur qui a développé une analyse prospective des impacts de la crise sur le système bancaire régional, a démontré une "dégradation des indicateurs de conjoncture", confirmant la "propagation effective de la crise" aux économies de l'Union.
Philippe Henri Dacoury-Tabley a rappelé que, pour une relance économique véritable, la Banque centrale a décidé d'une baisse de cinquante points de base des taux directeurs et d'une diminution des coefficients de réserve obligatoire applicables aux banques et établissements financiers. Afin qu'une telle mesure ait l'impact escompté jusque sur les Etats, les entreprises et mêmes les particuliers, le gouverneur a exhorté ses interlocuteurs réunis à Bamako à "faire preuve d'initiatives plus hardies en vue de procéder à une baisse effective du coût du crédit, conforme aux signaux donnés par la Banque centrale". Les deux jours d'échanges ont par ailleurs permis aux participants de se rendre à l'évidence que les décisions de politique monétaire sont d'autant plus efficaces que lorsqu'elles sont mieux expliquées, mieux comprises et prévisibles.
Les propositions de solution aux problèmes d'accès des petites et moyennes entreprises au crédit bancaire ont aussi été examinées. En somme, les débats ont permis de dégager une convergence d'appréciations sur les entraves à l'accroissement des crédits en faveur d'une clientèle plus large et diversifiée. Au terme des travaux, les membres du bureau de la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers, ainsi que les directeurs généraux des établissements de crédits de l'UEMOA ont unanimement marqué la nécessité de conjuguer les efforts en vue de saisir les opportunités qu'offre la reprise économique qui se dessine dans les pays développés.
Pour ce faire, la contribution de chaque acteur, du secteur public ou privé est indispensable dans le processus de relance de l'activité économique dans l'espace communautaire. Bamako 2009 aura été le lieu pour le gouverneur de la BCEAO d'insister auprès des directeurs de banques, sur la nécessité d'appliquer effectivement à la clientèle, les baisses et assouplissements sur les taux d'intérêt débiteurs, décidés le 16 juin 2009. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.
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