Séraphine Some
10 Juillet 2009
Nous avons assisté hier aux environs de 10 h avec désolation aux manifestations violentes qui se sont déroulées au grand marché de Ouagadougou, Rood Woko. Qu'est-ce qui a pu se passer pour que des jeunes se déchaînent et s'en prennent aux infrastructures sécuritaires ? Telle est la question que se posaient nombre de journalistes en attendant le retour du reporter du journal dépêché sur les lieux.
Les manifestants armés de pierres, de barres de fer et d'autres objets ont saccagé et brûlé les guérites situées à l'entrée Sud du marché. Cet incident survient après un autre du genre qui s'était soldé par des dégâts, notamment des barrières cassées. Les autorités municipales ont accédé à la demande des commerçants de l'ouverture de parkings pour engins à deux roues au niveau d'une partie de la zone piétonne.
Ceci, ont-ils expliqué, pour faciliter l'accès des clients au marché. Toute chose qui témoigne de la bonne volonté des autorités de permettre la fonctionnalité efficiente du centre commercial même si d'aucuns estiment qu'ils auraient pu aller loin en diminuant les balises sécuritaires qui effrayeraient les clients. Au regard des événements qui se sont produits ne donnerait-on pas raison au maire de Ouagadougou Simon Compaoré qui répondait à ce sujet : "Nous ne faiblirons pas". La réfection de Rood Woko, poumon économique de la capitale a duré six ans au cours desquels l'activité commerciale de beaucoup de commerçants du marché a ralenti et au pire des cas s'est arrêtée.
Les anciens locataires des boutiques ont suivi avec intérêt la réhabilitation du marché et ont souvent mené des démarches pour s'enquérir de l'état d'avancement des travaux et du respect des délais. Et quelle ne fût leur joie à l'ouverture du marché qui avait été fermé pendant tout le temps de la réhabilitation consécutive à un incendie. Une joie qui s'est émoussée au fil du temps à cause de la faible affluence des clients au sein du centre commercial. Est-ce une raison suffisante pour vouloir détruire ce qui a été acquis péniblement ?
Ce joyau qui, dans le passé, a contribué à faire la fortune de nombreux citoyens et au travers duquel des familles arrivaient à subvenir à leurs besoins doit être protégé afin qu'il retrouve son lustre d'antan. Les locataires dans ce sens sont les premiers interpellés car étant les premiers concernés. Ils doivent éviter d'être les acteurs ou instigateurs des actes de vandalisme et coopérer avec les forces de sécurité pour protéger le marché et permettre son bon fonctionnement. Le Burkina Faso est un Etat de droit où les manifestations sont autorisées à condition qu'elles se fassent selon les règles établies, dans la discipline, la non-violence et le respect du droit des citoyens. Par ailleurs, la justice est au service de tous pour trancher les différends.
La violence, en réalité n'a jamais rien résolu. Elle débouche toujours sur des négociations et les conséquences sont souvent lourdes et difficiles à réparer. Et le pays n'a aucun intérêt à perdre des ressources à travers une quelconque violence, déjà qu'il n'en a pas suffisamment. Alors que chacun sache raison garder dans les situations de désaccords et fasse prévaloir ses droits afin que le Burkina progresse.
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