Dieudonné Gaïbaï
10 Juillet 2009
La soldatesque du Lamido de Rey multiplie ces dernières semaines des agressions vis-à-vis des populations.
C'est la loi de l'omerta qui enveloppe ce qu'on peut convenir de considérer comme l'autre séquence de l'histoire trouble du Lamidat de Rey Bouba. Parce que depuis plusieurs mois, la contrée qui s'étend sur près de 36.000 Km2 a renoué avec les exactions des "daogaris" (ou doungourous, valets du Chef) de l'un des rares chefs traditionnels qui trône encore sur tout un département. Ceci sans que personne ne puisse dénoncer, du moins à visage découvert, les attitudes moyenâgeuses qui ont pignon sur rue dans le département du Mayo-Rey. Une situation qui est préoccupante à tout le moins.
C'est qu'à la vérité, les doungourous du Lamido Aboubakary Abdoulaye passent à tabac de nombreuses personnalités de cette contrée depuis plusieurs semaines. Des fonctionnaires dont les attitudes sont peu enclines au respect des traditions, ont aussi été violentées. Une attitude à laquelle n'ont pas échappé des fils de ce Lamidat dans les localités de Lamé et de Wakla Mal Adama. Lesquels témoignent-ils sous le sceau de l'anonymat, ont pris des libertés avec les usages traditionnels en vigueur dans ce département. Des usages qui tiennent au respect strict de l'autorité établie. Mais aussi qui supposent que les positions de rente des chefs des communautés et de leurs sbires soient maintenues.
Dans ce territoire qui a été qualifié du temps de "Baba" père de l'actuel Lamido, d' "Etat dans un Etat", seule l'unité légère du Bataillon d'intervention rapide se déploie sans autre forme de sujétion. A la différence explique un responsable d'une unité de forces de maintien de l'ordre, "de la police et de la gendarmerie qui se réfèrent toujours au Lamido lorsqu'il y a des actions d'envergure à entreprendre." Même si cela peut paraître normal, notre source révèle que, la caste des "doungourous" du Lamido occupe une place prépondérante dans le dispositif sécuritaire de la zone, au détriment des forces de défense. Ce qui laisse donc visiblement libre cours aux abus de tous ordres auprès des populations, visiblement meurtries.
Accusations
Sur ces actes, le Lamido de Rey-Bouba Aboubakary Abdoulaye que nous avons joint au téléphone a relativisé les accusations formulées contre des membres de sa cour. Même s'il a reconnu qu' "il est difficile de tout contrôler dans un territoire qui s'étend sur près de 36.000 km2. Le territoire est vaste. Mais ce sont des choses qui peuvent arriver. " Et le Lamido de demander au reporter de quels cas particulièrement parlez-vous? Comme pour s'enquérir des cas portés à la connaissance de votre journal. Face à la persistance du reporter à ne pas dévoiler ses sources, le Lamido dira " allez écrire ce que vous voulez " Quelque peu embarrassé pour sa part, le Maire de Rey-Bouba joint aussi au téléphone confiera " je ne suis pas au courant de ces affaires.
Vous savez il y a des gens qui racontent n'importe quoi sur le dos du Lamido. Personnellement je n'en ai pas connaissance. Mais ça peut arriver. Parce qu'il y a des usurpateurs qui sèment parfois la terreur au nom du chef alors qu'il n'en est rien. " Des évocations qui suscitent quelque peu des interrogations sur l'origine réelle de ceux qui multiplient les atteintes aux droits de l'Homme, sans que manifestement l'Etat ne plaide en faveur de ces nombreuses personnes qu'une source dans une structure sanitaire du coin dit, " blessées et parfois handicapées qui affluent dans les centres de santé ".
Normal donc que jaillisse des questionnements sur le véritable donneur d'ordre. Parce que nos sources sont péremptoires sur l'identité des personnes qui multiplient des actes d'agression sur les populations. Une attitude qu'elles disent tenir de " Baba", le tout puissant Lamido de Rey qui semble avoir impacté sur l'environnement de nombre de notables qui entendent perpétuer urbi et orbi, des pratiques manifestement séculaires.
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