Léger Ntiga
10 Juillet 2009
Comme on peut le constater, tout au long de l'enquête qui précède ces lignes, Sans être des acteurs de premier plan, deux hommes de loi font parler d'eux dans cette affaire d'un réseau de véhicules volés à Kyé-Ossi. Le premier, Emmanuel Mbiam, élu du peuple est davantage connu dans le civil comme avocat au barreau du Cameroun. Le second, Camille Gervais Belinga Ondoua est le procureur de la République près les tribunaux de Yaoundé centre administratif.
L'un et l'autre sont intervenus dans le dossier, de manière à mettre en péril la morale publique. Ce n'est point le fait pour Me Emmanuel Mbiam d'avoir tiré des proches des griffes de la justice qui fait problème ici. Mais plutôt, la démarche et les moyens utilisés par l'homme de loi qui dans un premier temps a pris le parti d'étouffer la procédure ouverte dans le cadre des acteurs pris en flagrant délit de trafic de voitures volés dans l'oeuf. Après s'être rendu dans les locaux du commissariat d'Efoulan, Emmanuel Mbiam a convaincu le commissaire en charge du dossier, d'accepter un arrangement à l'amiable.
Aussi propose-t-il à la victime, Jean Célestin Soumbou qui a déposé une plainte pour vol de voiture, 2,75 millions de Fcfa contre le retrait de la plainte. Ce n'est pas tout. Emmanuel Mbiam qui estime, subtilité du droit oblige, que les siens sont des "receleurs de bonne foi", s'est fait leur caution. Selon une telle perspective, l'avocat a promis de ramener huit jours après, n'a pas manqué face aux réticences du commissaire Thierry Medou, pour contourner la difficulté. Il s'agit là de méthodes qui, si elles ne sont par répréhensibles, illustrent le règne de l'insécurité judiciaire au Cameroun. Car, depuis lors, rien dans cette affaire n'a plus bougé.
S'agissant du juge Camille Gervais Belinga Ondoua, son attitude face à l'enquêteur de Mutations, en même temps qu'elle illustre une certaine fébrilité, est le cas type de l'abus de pouvoir et d'autorité. Si nous laisserons le soin à l'expert qu'il est de s'étendre sur ces aspects techniques, nous nous contentons de constater que le journaliste dans l'échange qu'il relate, se contente naïvement de lui demander si "techniquement et juridiquement", il existe une explication qui justifie que des personnes impliquées dans le vol des voitures à Kyé Ossi ne soient pas interpellées, s'est vu couvrir d'invectives et d'insultes. Gratuitement.
Ces actes et propos illustrent clairement qu'à défaut de promouvoir la criminalité et le vol rampants dans le pays, nombre de hauts cadres des administrations publiques et privées de la République les cautionnent. Par le coup de pousse donné à un parent pris en flagrant délit, par le trafic d'influence et les enveloppes d'argent. Si l'on ne peut pas exactement dire que c'est le cas dans cette affaire, l'on est en droit de déplorer que deux des gardiens de la loi impliqués dans ce dossier du réseau de voitures volées à Kyé-Ossi, aient manqué de sérénité face à une affaire a priori simple.
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