Dieudonné Gaïbaï
10 Juillet 2009
Les sbires du chef traditionnel conservent encore des pratiques moyenâgeuses.
Les informations, ci-haut qui viennent du Mayo-rey ne peuvent guère surprendre les ressortissants de ce département stratégique et névralgique de la Région du Nord. Un département où s'est établi, l'une des plus fortes chefferies traditionnelles du Cameroun.
Une force tirée pour l'essentiel du climat entretenu par une frange importante des notables de ce Lamidat, avec l'onction de Ahmadou Abdoulaye appelé Baba de son vivant. (Lamido de l'époque). Une influence qui est loin d'avoir laissé indifférente l'élite politico-administrative. Aboubakari Mallam, alors Préfet du Mayo Rey s'était agenouillé pour saluer le Lamido de l'époque " Baba ". Cette photo publiée le 04 juin 2003 par Mutations avait suscité ce commentaire laconique en une du journal : la République à genoux.
Témoignage s'il en est des peurs quotidiennes des populations de Rey Bouba, Tcholliré, Maïdigring ou Touboro. Des territoires sur lesquels s'étend le Lamidat de Rey Bouba. Lequel a été construit sous le règne de Ndjidda (1798- 1866) entre 1805 et 1808. Il est situé au coeur de la cité de Rey- Bouba. Le Palais a une superficie d'environ 5 hectares. Il est entouré d'un mur d'enceinte haut d'environ 7 mètres, avec une entrée centrale dans la façade sud. L'intérieur du Palais comporte des cours, des jardins potagers et plusieurs quartiers. C'est dans ce labyrinthe géant que des pratiques moyenâgeuses prospèrent aujourd'hui encore, avec ou sans le consentement du Lamido, c'est selon.
Ce d'autant qu'Abdoulaye Ahmadou, le monarque de droit divin du lamidat de Rey-Bouba qui s'est éteint dans la nuit du 29 au 30 janvier 2004 a régné d'une main de fer. Au point où lors de la campagne des législatives de 1997, des armes à feu, du sang et la prison aussi pour le député Nana Koulagna de l'Undp étaient au menu du châtiment infligé par Sa majesté "Baba ", à ceux qui avaient osé défier "le Guide" au cours des élections précédentes. Ceci dans la totale impunité, en raison des rapports privilégiés qu'entretenait Baba avec le Président de la République. La preuve en a d'ailleurs été donnée au cours de la campagne présidentielle de 1997 lorsque le Président de la République a effectué un détour en hélicoptère à Mayo-Rey pour y rencontrer "Baba", alors que "l'Homme lion" effectuait une campagne de charme à l'Extrême Nord.
A la mort de ce dernier, l'opinion avait prédit la fin de ces pratiques. Que non, les nombreux "daogari" (Soldatesque du Lamidat) avaient conservé des positions de pouvoir et des réseaux d'influence qui constituaient visiblement pour eux, des positions de rente. Difficile donc dans cet engrenage de tordre le cou à des attitudes habituelles d'une caste du Lamidat. La mort (septembre 2006) de Moustapha Abdoulaye appelé à prendre le relais de son défunt père se murmure t-il serait à mettre à l'actif de l'opposition du Lamido Moustapha de laisser libre cours à ces brimades à n'en pas finir.
Devrait-on dès lors comprendre l'attitude de l'actuel Lamido de Rey-Bouba qui faute de s'attaquer vertement aux pratiques des "Daogaris" se contente de sensibiliser ses "doungourous" sur la nécessité d'humaniser le Lamidat comme il nous l'a confié. Un discours qui visiblement ne passe pas, auprès des gardiens du temple, convaincus de ce que la pérennité du prestige de Rey-Bouba passe par là. Surtout que la célèbre prison de Tcholliré réhabilitée, il y a quelques mois attend encore les " prisonniers célèbres ", comme ce fut le cas sous l'ère Ahidjo. L'homme par qui visiblement
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