Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Restés 49 mois sans salaire - Les travailleurs d'Africamer comptent s'en prendre à leur patron

Seyni Diop et Houssanaytou Sow (Stagiaire)

10 Juillet 2009


Après leur bref séjour en prison, les travailleurs et retraités d'Africamer sont décidés à poursuivre la lutte pour la satisfaction de leurs revendications. En conférence de presse hier à la Bourse du travail de la Cnts, ils ont réitéré leur appel aux autorités pour qu'elles s'impliquent pour les faire rentrer dans leurs fonds. Sans quoi, ils menacent de rendre la vie infernale à leur ancien patron, Giorgio Gabrielli.

Face aux nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis l'arrêt de leur société et le mutisme inquiétant des autorités sur la question, les travailleurs d'Africamer comptent affronter physiquement leur patron, Giogio Gabrrielli qu'ils accusent d'avoir détourné leur argent. En Assemblée générale hier, à la Bourse du travail de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), ils se disent plus que jamais décidés à rentrer dans leurs fonds. Pour cela, rien ne sera de trop pour contraindre leur ancien patron de décaisser les sous. Et le ton avait été donné le 2 juillet dernier, lorsqu'ils l'avaient séquestré pendant quelques heures, avant d'être appréhendés par les forces de l'ordre, puis placés en détention. Libérés dans la même journée, ils ne comptent pas changer dans leur démarche. C'est dans ce cadre qu'hier matin, ils ont rencontré la presse pour s'indigner, devant l'opinion, de la protection que les autorités octroient à celui qui est à l'origine de tous leurs malheurs. En effet, selon ce collectif, si Giorgio Gabrielli, qui s'est sucré sur leur dos, continue de vaquer librement à ses occupations sans être inquiété, c'est qu'il bénéficie d'une protection des autorités. Qui, selon eux, préfèrent voir 2 500 familles sénégalaises souffrir que de contraindre cet homme d'affaires étranger à leur payer ce qu'il leur doit.

C'est pourquoi, les camarades de Mangoné Camara comptent ne pas se laisser faire et entendent tout faire pour que justice leur soit rendue. Car, de l'avis de M. Camara, 'entre février et août 2007, la société a engrangé plus de 2 milliards de francs Cfa qui auraient permis de payer tous les arriérés de salaires dus aux travailleurs'. Avant de poursuivre : 'Gabrielli a détourné comme d'habitude, pour renflouer son compte du nom de Sifida dans une banque suisse'. Dans la même lancée, Mangoné Camara affirme qu'en dehors de leurs salaires non perçus, 'Gabrielli a aussi détourné nos cotisations à l'Ipres, à la sécurité sociale, à l'Ipm et même à notre coopérative d'habitat'.

Après plusieurs courriers adressés aux autorités, qui sont restés sans suite, ces travailleurs se disent déterminés à prendre leur problème à bras le corps et n'hésitent pas à 'récidiver l'action du jeudi 2 juillet dernier si l'Etat ne fait rien. Car nous ne laisserons plus Gabrielli vaquer à ses occupations quotidiennes. Nous l'avons à l'oeil et nous savons tout ce qu'il fait', déclare le porte-parole du collectif qui annonce qu'une marche de protestation sera organisée le 23 juillet prochain à cet effet. Ce collectif est ainsi déterminé à continuer la lutte jusqu'à la satisfaction totale de ses revendications. Présidente des femmes, Khady Ndiaye s'est beaucoup désolée de la situation très précaire des familles de ces travailleurs. 'Beaucoup de familles sont expulsées par leurs locataires et il y en a parmi les hommes qui dorment à la belle étoile au port. En plus, nos enfants qui étaient dans le privé sont tous renvoyés. Il faut que les autorités nous aident à rentrer dans nos fonds', clame-t-telle.

Par ailleurs, ces travailleurs affirment ne pas vouloir entendre parler d'une liquidation de leur entreprise. 'L'usine a une fabrique de glace d'une capacité de 150 tonnes à raison de 30 000 francs Cfa la tonne, ainsi qu'un tunnel de congélation d'une capacité de 100 tonnes par jour, vendues à 120 francs Cfa le kilogramme. En plus, l'entreprise dispose d'une chambre froide de 5 000 tonnes facturée à 20 000 francs la tonne et d'une chope flottant qui peut apporter 30 à 35 millions de francs Cfa par année. Il suffit que les autorités nous confient la gestion de l'entreprise pour qu'on puisse la rentabiliser et payer tous les travailleurs dans un temps record', confie Youssou Sané, le coordonnateur du collectif.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques