Afrique: Plaidoyer pour des mécanismes de financements endogènes

Alger — Le président de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), Charles Mensah, a plaidé pour la mise en place de mécanismes de financement du cinéma qui permettraient à l'Afrique de ne plus dépendre de l'extérieur.

"Nous dépendons de l'extérieur pour trouver des financements. Comment impliquer nos pays à mettre en place des mécanismes de financement qui ont fonctionné ailleurs ? C'est ça la question", a-t-il lors d'un colloque international organisé dans la cadre du deuxième Festival culturel panafricain.

La rencontre qui a regroupé vendredi et samedi réalisateurs, producteurs et techniciens de cinéma du continent et de la Diaspora, porte sur le thème "Quels modèles d'avenir pour les cinémas d'Afrique ?"

Pour Charles Mensah, le principe selon lequel "qui paye commande le menu" fait qu'un financement extérieur implique "forcément" des conséquences sur la démarche artistique et l'identité africaine des Å"uvres.

"Nous n'avons pas pu mettre en place un environnement pour protéger les structures de diffusion", a déploré le président de la Fepaci, estimant que les Etats ont laissé "se développer, de manière anarchique, une exploitation illicite qui ne profite pas aux vrais créateurs".

Charles Mensah a dit que les cinéastes africains continuent de réaliser, "dans des conditions très difficiles, des Å"uvres de grande qualité qui ont représenté et continuent de représenter de très belle manière l'Afrique au plan international".

Il s'est ensuite posé une question : "nous avons avancé, nous avons progressé, mais est-c que nous avons réglé nos problèmes ?"

"Notre cinéma existe par le fait de la volonté farouche des cinéastes eux-mêmes", a-t-il relevé avant d'ajouter : "c'est un dur labeur. Les pionniers ont travaillé dans des conditions très difficiles et les jeunes générations continuent de rencontrer des difficultés".

M. Mensah a estimé que la réflexion doit aussi être menée pour "connaître les raisons pour lesquelles les salles disparaissent dans les pays africains".

"Le talent est là et nous faisons des films. Mais les salles ferment les unes après les autres. Il faut amener nos penser à mettre en place des politiques de mise en place d'infrastructures pour permettre la diffusion de nos films", a-t-il dit à ce sujet.

S'agissant de la formation, des écoles ont fermé, "ce qui en contradiction avec l'essor de notre cinéma", a-t-il dit, appelant les gouvernements à "se pencher sur le sort d'une industrie cinématographique" en Afrique.


Copyright © 2009 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment