Kinshasa — Une étude conduite sur la politique minière par un certain Yan Gorus est au centre d'une vive controverse. Là où le professeur belge conclut que 85% des terres de la province du Katanga, découpée en carrés miniers, sont déjà « vendus » aux prospecteurs ou exploitants, le Cadastre minier (CAMI), mis en cause, corrige : 53% seulement sont « loués ».
Le Belge s'insurge. « La plupart d'acquéreurs de ces carrés, écrit-il, n'ont ni ressources financières ni moyens techniques pour soit explorer, soit exploiter les surfaces acquises ». Autrement dit, ce sont des spéculateurs. Des professionnels de l'arnaque.
La politique des carrés miniers, inspirée par la Banque mondiale et les multinationales, codifiée dans « Le Code minier », va, à terme, produire moult conflits et conduire à des déflagrations. Vous rendez-vous compte qu'en raison de l'actuel Code minier, tout détenteur d'un permis délivré depuis un bureau climatisé de Kinshasa est d'office propriétaire du carré qu'il a convoité, quel que soit son emplacement géographique !
Cet emplacement - notez bien - peut être une zone interdite, une ville, un village, un parc, un ruisseau, un cimetière, une zone d'exploitation artisanale ou une carrière minière déjà attribuée, le Code minier donnera raison au nouveau venu. Que de conflits potentiels !
Demain, soyons sûrs, ne sera pas paisible au Katanga. Ni nulle part ailleurs où existent des traces de minerais qui boostent la boulimie des aventuriers. Illustration : les prédateurs du « régime 1+4 » avaient, de 2003 à 2006, cédé 33,06% du territoire national aux Minings. Beaucoup de prétendus investisseurs n'étaient que de la racaille. Aussitôt en possession de documents de leurs carrés miniers, ils revendaient ces derniers en bourse pour des millions. La RDC se satisfaisant de miettes corrosives.
Sans remettre en cause le Code minier, nous ne nous empêcherons pas de réfléchir. C'est une question de bon sens et de responsabilité citoyenne. Nous devons répondre à la question : quelle disposition juridique protège les populations autochtones engagées dans l'exploitation artisanale et qui, subitement, se trouvent menacées d'expulsion des terres de leurs ancêtres par les détenteurs d'un « permis de recherche » ou « permis d'exploitation » ? Silence gêné. Les inspirateurs du Code minier n'ayant aucune notion de « village coutumier », ont foutu le gouvernement dans la merde. Alors, sauvegardons le canard domestique, nous tous qui venons du village.

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