Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Révisitation des contrats miniers - L'ECC sollicitée pour en faire le lobbying

Kinshasa — Quelques membres de la société civile de la RD Congo ont contacté hier vendredi 17 juillet le président national de l'ECC afin qu'il fasse le lobbying sur son rapport consacré aux contrats miniers léonins signés dans la province du Katanga. Cela, parce que l'ECC est une structure de la société civile.

Des membres de la société civile de la République démocratique du Congo ont séjourné dernièrement dans la province du Katanga pour faire l'état des lieux des contrats miniers signés d'une part, par le gouvernement central et de l'autre, par les entreprises signataires. Cela, après la révisitation de ces contrats par les deux parties.

Hier vendredi 17 juillet, une délégation de cette société civile, conduite par le chef de bureau de l'Observatoire pour les ressources naturelles de l'Afrique australe, Me Georges Bokungo, a remis au président national de l'ECC, Mgr Pierre Marini Bodho, le rapport de sa mission dans la province cuprifère, dans lequel sont consignées les conclusions de celle-ci, aussi bien que des observations à l'endroit de chaque partie signataire du contrat. Cadre choisi pour cette remise : la présidence nationale de l'ECC située dans la commune de la Gombe.

Intervenant à cette occasion, le chef de la délégation a brossé à grands traits à l'intention de Mgr Marini Bodho la démarche initiée par le gouvernement central en 2007, consistant à revisiter tous les contrats miniers. L'année suivante, c'est-à-dire en 2009, l'exécutif national va publier un rapport dans lequel étaient relevés des griefs articulés contre tous les contrats signés.

Il s'est particulièrement penché sur le cas des entreprises Tenke Fungurume Mining (TFM) et Katanga Mining Production (KMP). Selon lui, le contrat avec TFM (82,5 % pour l'entreprise et 17,5 % pour l'Etat congolais) représente la plus grande réserve minière en termes de cuivre (1 million 600 mille) tandis que celui avec KMP (75 % pour l'entreprise et 25 % pour l'Etat congolais) représente 400 mille tonnes de cuivre et sa production va durer cent ans.

«Nous sommes en train de nous demander qu'est ce que l'Etat congolais va gagner avec ces deux contrats miniers», s'est-il inquiété avant de faire observer que les membres de la société civile de la RD Congo recommandent notamment au gouvernement central de réexaminer les textes relatifs à ces deux contrats signés avec ces deux entreprises qui, a-t-il insisté, doivent être amenées à les renégocier.

DES CONTRATS A RELENTS DE DOMINATION

Me Bokungo a par ailleurs exprimé sa vive préoccupation en constatant que tous les sous-contrats sont des expatriés. D'où, a-t-il fait remarquer, vous sentez l'aspect de domination et la population est loin de trouver son compte. Autre aspect soulevé : celui de l'environnement qui n'est pas une préoccupation des intéressés.

Enfin, il a demandé au président national de l'ECC, qu'il a été contacté parce que l'ECC est une structure de la Société civile et, par conséquent, qu'il fasse le lobbying de la société civile de la RD Congo en ce qui concerne les conclusions du rapport qui lui a été remis.

En réponse, Mgr Marini Bodho s'est félicité de la qualité de travail abattu par les membres de la société civile de la RD Congo.

Qualifiant le rapport de «fiable», le n° 1 de l'ECC a promis que son organisation va mettre sur pied une équipe de travail pour examiner ce document et en faire une synthèse. «Le moment venu, le Parlement pourra en parler», a-t-il promis avant d'évoquer «le mal congolais sur le plan économique» qui, a-t-il notamment dit, vient des contrats mal négociés.

«C'est regrettable de voir que les ressources naturelles que Dieu a mises à la disposition du peuple congolais ne lui profite pas, mais plutôt aux étrangers», a-t-il déploré.


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