Kinshasa — Dans un récent rapport au Conseil de sécurité de l'Onu, Human Rights Watch (HRW) a invité le gouvernement congolais à « agir pour empêcher les violences sexuelles perpétrées par les généraux et autres officiers supérieurs des FARDC ».
De son côté, le porte-parole des FARDC, le colonel Kasonga, a rejeté cette accusation. Pour lui, cette ONG internationale a exagéré les faits au moment où le chef de l'Etat congolais a prôné la tolérance zéro pour les auteurs des violences sexuelles.
En outre, Human Rights Watch a conseillé à l'Onu de prendre des mesures fermes, dont les interdictions de voyage et d'autres sanctions contre les individus ou les gouvernements qui commettent ou ferment les yeux sur les violences sexuelles en RDC et ailleurs.
Selon ce rapport, quelque 7.703 cas de violences sexuelles, souvent sur des femmes et des jeunes filles, ont été enregistrés par l'Onu en 2008, dans l'Est de la RDC. Depuis janvier 2009, les cas de viols dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu ont doublé ou triplé. Dans ce rapport intitulé « Les soldats violent, les commandants ferment les yeux », HRW conclut que les FARDC massivement déployées dans l'Est de la RDC où elles traquent notamment les FDLR, comptent parmi les principaux auteurs de ces actes, contribuant ainsi au climat d'insécurité dans cette partie du pays.
L'auteur du rapport, Mme Juliane Kippenberg a reconnu que le gouvernement congolais, la Monuc et d'autres partenaires ont fait beaucoup en matière d'aide aux victimes de violences sexuelles, mais, a-t-elle ajouté, « pour ce qui est de mettre fin au climat permissif qui engendre ces violences, leurs initiatives se sont avérées limitées ».
Ainsi, seuls 27 soldats opérant dans les deux Kivu ont été condamnés en 2008 et aucun haut gradé. « La responsabilité pénale des officiers supérieurs, et notamment leur responsabilité du commandement, fait rarement l'objet d'enquêtes de la part des procureurs militaires », dénonce le rapport de HRW qui note que « les commandants militaires restent des personnages puissants et intouchables ».
A noter que le rapport s'est attaché plus particulièrement aux actes, pour la plupart non punis, de la 14ème brigade des FARDC déployées dans les deux Kivu depuis 2006 et dont les violences sexuelles persistent jusqu'à ce jour, malgré sa dissolution en mars 2009.

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