Cameroon Tribune (Yaoundé)

Afrique: Panaf - La fête africaine s'achève

Raphaël Mvogo

21 Juillet 2009


En apothéose du festival, le roi du raï algérien Cheb Khaled a enflammé Alger dimanche soir.

Il y a Kateb Amazigh, le fils du regretté Kateb Yacine, auteur à succès algérien ayant regagné le royaume des immortels. Il y a aussi Allaoua, autre coqueluche du public national. Et surtout, la diva Warda al Djazaïra, qui a illuminé de son charme et de sa stature le mémorable spectacle d'ouverture du festival le 5 juillet, à la coupole Mohamed Boudiaf du complexe olympique du 5 Juillet. Mais à l'observation, lui, c'est le King, l'étoile la plus proche du firmament musical algérien.

Voir Cheb Khaled et mourir : ainsi pourrait se résumer la devise des innombrables fans de l'icône de la chanson en Algérie, pays du Nord de l'Afrique vers lequel des délégations d'artistes, d'hommes de science et de culture, ainsi que des professionnels des médias de 51 pays du continent ont convergé pour se rencontrer et se découvrir à la faveur du 2e Festival culturel panafricain d'Alger (Panaf), qui a officiellement éteint ses lampions hier soir. La vraie apothéose du Panaf 2009, c'était avec le show très enfiévré dimanche soir au pied du flamboyant monument des martyrs à Alger, de Cheb Khaled, qui a effectué le déplacement de Paris pour répondre à l'appel de la patrie. C'est par grappes que les mélomanes algériens, enfants, jeunes, adultes et personnes du troisième âge, se sont rassemblés à l'esplanade Riadh el Feth qui avait auparavant accueilli Manu Dibango, Kassav, Salif Keïta, Mory Kanté, Ismaël Lô et Youssou N'dour.

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Très couru, le spectacle de la star a créé une ambiance électrique, vécue par au bas mot 50.000 personnes qui se marchaient dessus, donnant du fil à retordre à une police sur les dents, prête à parer à toute éventualité. Au coeur d'une nuit de fiesta sans pareille, d'autres habitants de la capitale participaient à cette effervescence à tout rompre perchés sur les fenêtres de leurs domiciles.

En effet, la sécurité a eu du souci pour éviter des débordements d'un public surexcité, qui n'avait d'yeux et d'oreilles que pour son « dieu ». Chemise complètement mouillée de sueur, Cheb Khaled a enflammé les coeurs pendant deux heures sans répit. Et couvert du drapeau du pays, il a dit chanter pour « les femmes d'Algérie, du Maghreb et du monde ». Sans attendre, l'effet a porté : délire total au sein du public. Pour le départ du chanteur du lieu du concert, il a fallu une forte escorte policière. Et pour le retour du public, au petit matin, bienvenus les embouteillages!

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