Fatou K. Sene
21 Juillet 2009
Présentée au Métissacana du 17 au 30 juillet, l'exposition du peintre Mbassou Niang retrace en images l'histoire du Fouta. Un groupe d'érudits du Fouta, assis à même le sol, en boubous blancs, se disputent une calebasse. Cet ustensile contient le Moudo hormo, les quatre kilos d'or imposés à toutes les familles du Fouta.
Sur ce tableau, peint à l'huile par le coloriste Oumar Niang, dit 'Mbassou', le grand érudit Souleymane Baal s'érige contre cet impôt indû, et brise la calebasse. Nous sommes en 1776. La toile retrace un pan de l'histoire du Fouta. Elle fait partie de la trentaine d'oeuvres réalisées par l'artiste plasticien entre 2008 et 2009 et exposées jusqu'au 30 juillet sur les cimaises du Métissacana.
Mbassou Niang reprend ainsi son pinceau abandonné en 1985 avec la formation de l'orchestre de Baaba Maal, le Dandé lenol dont il est le manager général. Et c'est pour replonger ainsi dans les faits historiques, en utilisant la peinture à huile ou parfois l'acrylique. Cet ancien illustrateur de manuels d'alphabétisation, par une technique libre et très précise, revient, par exemple, sur la fameuse bataille Dialowaly.
Ce rude combat est bien évoqué par les dessins et les mouvements des deux troupes adverses. L'illustrateur, qui allie les couleurs chaudes et froides, a une démarche très réaliste. Il représente une forêt transformée en champ de bataille, noirci par des coups de canons, où l'on aperçoit des combattants blessés. La toile rappelle la disparition dans les falaises de Bandiagara, le 12 février 1864, du conquérant et souverain El Hadji Omar Foutiyou Tall. Le peintre ne se limite pas seulement aux fresques retraçant l'histoire de la partie nord du Sénégal.
Des scènes de réjouissances familiales sont peintes, comme ses jeunes dégustant une bouillie de mil arrosée avec du lait caillé. Portraitiste, Mbassou Niang a fouillé les archives et rencontré des historiens pour reproduire les images fidèles de la dame de Cabrousse, Aline Sitoé Diatta et de la princesse du Walo, Ndaté Yalla.
Cet artiste qui a plusieurs cordes à son arc, ne pratique pas seulement la peinture qu'il découvre à l'école élémentaire, entre 1968 et 1970. Son passage à l'Institut national des arts de Dakar en 1972, lui aussi permis de aussi la sculpture, le modelage, l'illustration, la chanson. Mbassou Niang expose depuis 1979 au Sénégal.
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