Le Messager (Douala)

21 Juillet 2009

Cameroun: L'Est malade de ses richesses

La région de l'Est est aujourd'hui le réservoir des principales richesses du Cameroun, en raison de la forte présence des minerais dans son sous-sol où l'on retrouverait le plus important gisement de diamant de la planète. Elle reste cependant sous-développée, malgré les efforts de ses fils, divisés par des querelles de leadership.

Composée de quatre départements, à savoir le Haut Nyong, le Lom et Djerem, la Kadey et la Boumba et Ngoko, la région de l'Est couvre une superficie de 34 263km2 . Les limites naturelles de notre pays avec le Congo et la République Centrafricaine régulièrement au coeur des tumultes font d'elle une zone d'une importance stratégique pour le Cameroun. Son relief complexe lui confère le statut de Cameroun en miniature. On y trouve des forêts, des savanes, des mangroves, des montagnes (Le mont Ngoura dans la Kadey), des vallées, des plaines, etc.

Les populations qu'on y rencontre sont des Baka, des Bantou, des semi- soudanais, des peuls, à côté des populations issues des flux migratoires telles que les Bamilkés, les Bassa, les Bamvele, les populations venues du septentrion ainsi qu'une forte colonie en provenance de la zone anglophone du pays. Les activités pratiquées ici par les populations sont l'agriculture, la chasse, le petit élevage, la pêche, et le petit commerce.

Un gisement sous-exploité

Les profondes préoccupations des populations de l'Est exprimées par les députés de la région dans l'abondante correspondance adressée au chef de l'Etat en 2008, affiche clairement l'image d'une région qui souffre de l'abandon des pouvoirs publics, malgré la présence dans cette région du pays d'importantes ressources minières telles que l'or, le diamant (une des plus importantes productions mondiales), le fer, la bauxite, le nickel, le cobalt, le manganèse, etc. Certains spécialistes disent du Cameroun, au regard de cette importance de son sous-sol, que c'est « un scandale géologique ». Les députés de l'Est dans leur courrier adressé au chef de l'Etat relèvent pour s'en offusquer que « l'avenir de la région de l'Est, comme celui de toute autre région du pays, dépend, au-delà de l'appartenance à un quelconque lobby, davantage à des possibilités susceptibles d'être offertes de façon égalitaire à chaque région prise comme entité administrative à part entière pour se développer en tenant compte de ses potentialités réelles et de la sollicitude constante des pouvoirs publics ».

La même correspondance proteste contre la fermeture de la quasi-totalité des sociétés naguère fonctionnelles dans la région. Cette fermeture, opérée dans le cadre du programme d'ajustement structurel (Pas) comme 37 autres sociétés d'Etat, a eu pour conséquence le retour de la misère dans nombre de familles de la région. On note également beaucoup de problèmes pour ce qui est de l'approvisionnement de la région en énergie électrique. Les émeutes d'Abong Mbang sont encore frais dans nos mémoires. Si le gigantesque réseau routier non aménagé, malgré les appels incessants des populations bénéficiaires, est ajouté à cette kyrielle de problèmes, l'orage gronde sans coup férir dans cette région d'une importance économique indéniable, même si les populations retiennent leur souffle.

La mauvaise foi de l'Etat

Le 31mars 2008, les députés originaires de la région de l'Est écrivent au chef de l'Etat, pour solliciter la création d'une mission de développement pour l'encadrement des populations. En mai 2008, cette action est suivie par la proposition de la mouture relative à la création de ladite mission. Elle existe dans l'esprit des parlementaires ; mais les populations de la région trouvent en cette réalisation une goutte d'eau dans l'océan. Pour les populations de l'Est, les premiers travaux routiers effectués sur l'axe Belabo-Bertoua long de 80.5 kilomètres sont qualitatifs. Quant à l'axe Ayos-Bonis, environ 316 kilomètres, « ce n'est pas une route qui va durer 5 ans », s'offusque monsieur Mbellé, un natif de la région.

La troisième réalisation en terme de bitumage après l'axe Bertoua-Garoua Boulaïe présente un meilleur visage. Mais les populations ne tolèrent pas la sourde oreille des pouvoirs publics quant aux problèmes de fonds, à l'instar de la création d'une université à Bertoua comme ça été le cas avec Maroua tout récemment.

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