Kinshasa — Les mines congolaises tardent à livrer leur vrai visage. Le temps se fait long alors que du côté des attentes de la population ça urge. Il faut vite voir le bout du tunnel, au risque de se retrouver dans le cas d'un peuple perdu dans le désert et qui s'accroche à des mirages successifs dans sa marche vers un éventuel oasis.
Il est superfétatoire de parler ce jour de l'exploitation illégale des ressources minières de la RDC. L'Onu a enquêté et publié des rapports. Rien n'a arrêté les pilleurs. La Société civile congolaise et les ONGs internationales sont rentrées dans la danse mais, les indexés continuent à se la couler douce ; comme si de rien n'était.
Pendant ce temps, des rapports s'accumulent telle de la paperasse amoncelée à l'instar des immondices.
Mon voisin de gauche, lui, est préoccupé par la fameuse revisitation des contrats miniers dont le processus n'est toujours pas arrivé à son terme. Qu'est-ce à dire ? Que le gros vent est passé et que les émotions provoquées ont fini par se refroidir dans des oubliettes ? Toutefois, renseignements pris, certains opérateurs appellent à des correctifs dans le traitement des dossiers, se disant être les seuls à avoir subi des secousses de l'opération « coup de poing ». Cependant que d'autres entreprises contractantes en feraient à leur tête.
Dans une correspondance datée du 16 avril 2009, le ministère des Mines par la bouche du vice-ministre, le titulaire étant absent du pays, s'était évertué à fixer l'opinion sur les cas résiduels relatifs à la revisitation des contrats miniers. Il en avait cité six, à savoir Anglo Gold Ashanti, Banro, First Quantum, Gold Fields, Freeport-MacMoran (Tenke Fungurume Mining) et Mwana Africa. Il avait précisé que le travail de finalisation de la revisitation concernant ces six « minings » avait sensiblement évolué au niveau technique et que le Conseil des ministres était le seul organe habilité à se prononcer de manière définitive et formelle sur les conclusions de revisitation des contrats. Les concernés étaient invités au calme.
Environ quatre mois plus tard, c'est à se demander si cette mise au point en réaction un article publié la même date par l'Agence Reuters garderait encore sa valeur. Le silence du gouvernement peut-il expliquer les inquiétudes de ceux qui pensent que la revisitation pourrait faire partie des affaires sulfureuses « classées x » et qu'en définitive il y aurait anguille sous roche ? Wait and see.

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