Après quinze jours de danses, de chants, de représentations théâtrales, d'expositions, de contes et de bien d'autres activités culturelles organisées dans le cadre du deuxième festival panafricain, place aujourd'hui au bilan. Un bilan mi-figue, mi-raisin même si du côté des officiels on parle de «grands succès» et «d'objectifs atteints». Certes, si le Panaf a réussi à faire sortir l'Algérien de sa torpeur en assistant aux différents spectacles organisés à travers le pays, ne serait-ce qu'en l'espace de deux semaines du mois de juillet, des points noirs sont à mettre sur le dos des organisateurs de cette manifestation culturelle.
Pourquoi ? Si l'objectif principal de ce festival est d'être un lieu d'échange entre cultures africaines, représentées par 8 000 artistes venus d'une cinquantaine de pays, ce n'était pas le cas. Les citoyens avides de culture ont eu droit à de beaux spectacles animés par des artistes de renommée mondiale, les artistes algériens n'ont pas eu ce privilège. Le contact avec leurs homologues venus des autres pays africains était pratiquement absent. La scène est restée, tout au long de ces quinze jours, le seul moment de contact. Même la présence des artistes africains à Alger ou dans d'autres villes du pays n'était pas remarquable. Ce n'est qu'une fois la nuit tombée que les visages apparaissent sur scène, sinon de manière timide dans les expositions boudées pratiquement par les visiteurs, par manque de communication peut-être. Pour quelle raison tout a été focalisé sur les concerts et les galas qui ont drainé, contrairement aux expos, des foules nombreuses ? Une preuve aussi que l'Algérien a besoin de s'aérer l'esprit et de renouer avec l'ambiance festive après des années de terrorisme et d'isolation.
Il faut dire aussi que la gratuité des spectacles que l'on a pu se permettre avec la grosse somme consacrée (50 millions d'euros) au festival y est pour quelque chose. Mais on aurait pu aussi profiter de cette cagnotte pour construire des scènes de théâtre et mettre également en place les bases d'une industrie du spectacle en avantageant les compétences nationales. Ce qui aiderait à créer de l'emploi en Algérie et à mieux se préparer à d'autres manifestations culturelles, surtout que l'Algérie compte 120 festivals institutionnalisés. On aurait pu sur un autre plan donner une certaine priorité aux artistes algériens dont certains (danseurs, chanteurs, artistes peintres...) ont été carrément marginalisés. Idem pour les experts de la culture, absents des colloques et des différentes rencontres entre les intellectuels africains pour ne pas avoir été conviés. Et dire qu'ils ont beaucoup de choses à dire et à apprendre à leurs hôtes. En tout cas, des leçons sont à retenir pour mieux organiser les prochains festivals qui nécessitent, entre autres, la sélection des artistes. Pourquoi ne pas organiser des concours pour trier les participants au prochain Panaf qu'on espère dans moins de quarante ans ? Ne faudrait-il pas en effet rapprocher les cycles car l'évolution de la culture au même titre que la technologie se fait rapidement ?

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