Le Potentiel (Kinshasa)

28 Juillet 2009

Congo-Kinshasa: KMT et Frontier Sprl, une nouvelle façon de faire les mines en RDC

Kinshasa — A travers ses trois filiales implantées en RDC, Comisa, Frontier Sprl et KMT, la firme canadienne First Quantum Minerals Ltd instaure une nouvelle façon de faire les mines. Avec First Quantum Minerals, l'innovation se conjugue désormais au présent.

Le long processus de révisitation des contrats miniers n'a pas eu raison de la grande détermination de First Quantum Minerals Ltd (FQM). Cette firme minière canadienne est décidée à inaugurer une nouvelle ère dans l'industrie minière en République démocratique du Congo. Ainsi les tergiversations et volte-face du gouvernement sur des matières clairement définies dans le Code minier de 2002 n'ont eu aucun effet sur l'ambitieux projet minier qu'entend mettre en oeuvre la firme canadienne sur le sol congolais.

Déjà présente dans la Compagnie minière de Sakania, FQM n'a pas lésiné sur les moyens pour s'implanter davantage. A terme, elle entend investir près d'un milliard de dollars américains dans ses deux projets miniers cibles en RDC, à savoir Frontier Sprl, projet minier développé à la frontière congolo-zambienne à Sakania, et Kingamyambo Musonoi Tailings, projet de traitement des rejets du même nom à Kolwezi.

Du 10 au 17 juillet, une équipe de journalistes de Kinshasa à laquelle s'était jointe une équipe restreinte de Lubumbashi, a été conviée à la visite de ces deux projets pilotes de FQM. Il ne s'agissait nullement d'une campagne de marketing pour faire vendre FQM, a rassuré son administrateur directeur technique, Raphaël Ngoy, à l'arrivée des journalistes dans la capitale cuprifère. « En vous amenant ici, nous voulons que vous voyez de visu ce que nous réalisons dans ce coin perdu du Katanga. Notre seule ambition est de nous mettre aux côtés du gouvernement pour l'accompagner dans son programme de reconstruction du pays », a-t-il rassuré.

Au départ de Kinshasa, il était prévu que le vice-Premier ministre en charge de la reconstruction, Emile Bongeli, représente le gouvernement dans ce périple. Il n'en sera pas ainsi, car appelé à d'autres fonctions d'Etat. Mais, à la place son conseiller principal au collège économique et financier, comblera le vide, faisant le pont à chaque instant entre le Katanga et Kinshasa. Le directeur de cabinet adjoint du ministre de l'Economie et Commerce sera également de la partie. La primature n'a pas non plus manqué au rendez-vous.

LA PRODUCTION NEE DES REJETS

Première étape de la visite, le mercredi 15 juillet 2009, les installations en construction de KMT à Kolwezi. C'est à la marie de la ville que commence la visite, avec la présentation des civilités. « Bienvenu dans la ville de Kolwezi, poumon économique de la RDC », lance la maire de la ville. Dans l'assistance, aucune contradiction. Tout le monde acquiesce. Preuve que la maire ne s'est nullement trompée, pour autant que Kolwezi a incarné pendant des années la prospérité de la Générale des Carrières et des Mines (Gecamines), notamment avec sa mine souterraine de Kamoto et sa ceinture cuprifère de Kov. Aujourd'hui, Kolwezi est une ville en renaissance, conduite dans cet élan par la reprise des activités minières.

Après la mairie, la délégation prend la direction de nouvelles installations de KMT. Sur la route, l'on découvre à perte de vue les rejets sur lesquels seront basées les activités de KMT. A vue d'oeil, ils ont l'air d'une plage, ornée d'un sable blanc. Dans le bus qui nous conduit, les commentaires vont dans tous les sens. Quel est donc ce sable blanc dans ce coint perdu Katanga. Katsh Katende, notre guide, répond : « Ce sable blanc n'est rien d'autre que les rejets qu'exploitera KMT. Il s'étend sur le plateau de Musonoi jusqu'à Kingamyambo. Ce qui justifie le nom de KMT collé à la société ». De cet instant, les esprits s'apaisent, la première équation de la journée ayant trouvé réponse. Le projet KMT porte sur le traitement des rejets de Kingamyambo et de Musonoi, tous résultant du traitement, pendant plusieurs décennies, des minerais oxydés au concentrateur de Kolwezi érigé à quelques kilomètres de la ville du même nom. FQM se trouve impliqué dans ce projet après l'acquisition de la société Adastra.

Les partenaires associés dans Frontier Sprl sont notamment : First Quantum Minerals Ltd (95%) et le gouvernement de la République (5%). Dans KMT Sarl par contre ils sont : Gécamines (12,5%), gouvernement de la RDC (5%), Industrial Development Corporation d'Afrique du Sud (10%), International Finance Corporation, filiale de la Banque mondiale (7,5%), et First Quantum Minerals Ltd (65%)

Avant la visite des installations, Monsieur Matt Pascall, directeur des opérations de KMT, fait un briefing dans la salle des réunions de la société. Dans la délégation venue de Kinshasa, l'on compte également des députés et sénateurs, entre autres, Musendu Flungu, sénateur élu de Kolwezi. Côté députés, on trouve Chokwe Cembo, élu de Sakania ; Adrien Nawezi, élu de Kolwezi ; Princesse Adèle Kayinda, élue de Sandoa ; et Katshongo Mbavu, élu de Mutshatsha.

Dans son exposé, monsieur Matt Pascall fait le point sur le projet KMT, réalisé, a-t-il indiqué, à hauteur de 64%. « Le projet est très avancé, si la connexion au courant électrique de la SNEL avait suivi, nous serions déjà presque au stade de production », note-t-il. « Notre ambition est de faire de KMT un partenaire sûr pour un Congo meilleur », rassure-t-il, sans évoquer le retard pris dans l'exécution du projet du fait des impondérables créés par la révisitation des contrats miniers, amorcée par le gouvernement depuis 2007. « Imaginez le manque à gagner que nous enregistrons du fait de la révisitation. Nous sommes quelque fois obligés d'arrêter les travaux en attendant la réponse de Kinshasa ». Et de renchérir : « On ne peut pas construire dans les mines avec une montagne d'incertitudes ».

Cependant, il ne désespère pas. « Il n'y a rien contre le Congo et nous sommes prêts à l'accompagner dans le grand chantier de la reconstruction. Ce qui est vrai est qu'au-delà de tout, le pays décollera, n'en déplaise à certains ».

A la fin de son intervention, le nouvel ambassadeur du Canada en RDC enfonce le clou. D'entrée de jeu, elle rassure : « La présence de First Quantum Minerals, une firme canadienne est la preuve que le Canada appuie les efforts de différents investisseurs pour le développement de la RDC ». Elle ne termine pas son intervention sans appeler le Gouvernement à la raison. « Tout ce que nous vous demandons est d'appliquer les lois que vous avez mises en place. C'est la meilleure façon de rassurer les investisseurs et d'en attirer d'autres ». Sans doute que madame l'ambassadeur se réfère aux flagrantes contradictions du gouvernement quant à l'application du Code minier de 2002. Le tâtonnement autour de la révisitation en est une preuve de plus.

L'ETAPE DE SAKANIA

Après Kolwezi, la délégation prend la route de Sakania. La difficulté de rejoindre Sakania par route ou par avion au départ de Lubumbashi nous oblige à faire le détour de Ndola, en Zambie. Quel manque à gagner pour la RDC ? Qu'importe Sakania, c'est le territoire où se développe à quelques mètres de la frontière congolo-zambienne, les activités de l'entreprise Frontier Sprl, filiale de FQM.

Frontier Sprl est une marque d'une coopération sud-sud réussie car le projet a bénéficié d'un accompagnement sans relâche du gouvernement zambien depuis le début de l'exploration en 2001 jusqu'au début de la construction du concentrateur de Kishiba, premier du genre en RDC, en mai 2006. A terme, le projet ambitionne d'atteindre une production de plus 100.000 tonnes par an de cuivre contenu. C'est en septembre 2007 que sont sortis de l'usine de Kishiba les premiers concentrés. Le début de la production commerciale ne sera effectif qu'en novembre de la même année.

Au terme des explorations réalisées par les équipes de FQM, le total des minerais sulfurés du gisement exploité par Frontier Sprl est de 182 millions de tonnes à 1,15% de teneur en cuivre. Le concentrateur en oeuvre dans cette usine - pionnière d'une haute technologie jamais mise en oeuvre en RDC - prévoit un traitement de 8.000.000 tonnes de minerais par an. La production moyenne par an, de 84.000 tonnes de cuivre contenu, a été la plus importante de la RDC en 2008. Le concentré obtenu est expédié pour subir un traitement d'extraction ultérieur et les rejets sont stockés dans le parc à rejets, bien aménagé suivant les normes environnementales strictes prévues dans le Code minier.

Dans la phase actuelle du projet, avec un concentrateur en pleine activité, les investissements mis en oeuvre se chiffrent à 286 millions USD.

Que dire donc après cette visite dans les installations de KMT et de Frontier Sprl, deux filiales de FQM en RDC ? La réponse est sans équivoque : l'innovation est bien là. Par ces deux filiales, FQM a apporté à la RDC une nouvelle manière de faire les mines et de participer à l'éclosion du secteur minier de la RDC.

Le reste de la partition revient au gouvernement qui doit rassurer en s'engageant avec les entreprises minières dans un partenariat mutuellement profitable.

Décidément, FQM a l'ambition de demeurer un investisseur de premier choix en RDC. Par son directeur des opérations en RDC, M. Matt Pascall, la firme canadienne a réitéré, au terme de cette visite, sa volonté de demeurer, à travers ses filiales congolaises de Comisa Sprl, Frontier Sprl, RPM Sprl et KMT Sarl, un investisseur minier de premier choix en RDC ».

UN PARTENAIRE POUR LA RECONSTRUCTION

« Nous avons investi à ce jour en RDC près de 600 millions de dollars américains répartis sur nos trois projets majeurs et nous demeurons résolus à accroître notre participation aux efforts de reconstruction et de relance économique entrepris au Congo à travers des investissements de qualité, qui bénéficient tant au gouvernement national qu'à la population locale », a déclaré Matt Pascal.

Il a ajouté : « Notre niveau d'investissement va approcher 920 millions USD en 2010. Nous souhaitons que la révisitation de notre contrat minier (pour KMT) s'achève de manière positive, et nous avons confiance que le gouvernement congolais a pleine conscience de l'ampleur de ce projet et de l'impact positif qu'il aura sur l'économie, l'infrastructure, et le social du pays. Si les conditions sont favorables à l'accomplissement de la dernière phase de l'investissement dans KMT, l'enveloppe globale de nos investissements au Congo aura atteint 1,2 milliards USD ».

« Au fil de ces dernières années, FQM s'est révélée être un investisseur sérieux et déterminé à contribuer de manière constructive au développement économique du Congo », a-t-il souligné.

FQM est une société de droit canadien domiciliée à Vancouver et cotée au Toronto Stock Exchange (bourse des valeurs mobilières de Toronto) et à 1'« Alternative Investment Market » (tableau secondaire de la bourse des valeurs mobilières) de Londres.

FQM est une société à croissance rapide dans le monde, dont les activités principales sont: la prospection, la recherche, l'exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales et chimiques (acide sulfurique).

Depuis 2004, FQM a dépensé plus de 50 millions USD sur des phases d'exploration intenses en RDC. En Afrique, FQM est installée en République démocratique du Congo, en Mauritanie et en Zambie. Elle est également active en Finlande dans un projet de cuivre et du nickel.

Elle se distingue par la gestion efficiente et efficace de ses multiples projets, lesquels s'impliquent - au Congo - de façon profonde dans l'accompagnement de la politique de développement du gouvernement.

La présence de FQM en RDC a eu également un impact positif sur la trésorerie du pays, les quatre filiales du Groupe ayant versé, de janvier 2005 à septembre 2008, 74,4 millions USD sous forme de taxes, droits et redevances conformément au Code minier et ce sans compter des investissements sociaux en cours ou futures de plusieurs dizaines de millions de dollars américains.

Encadré

Soeur aînée des filiales FQM en RDC, Comisa (créée en 2001) a nécessité un investissement de l'ordre de 39 millions USD pour l'exploitation des oxydes de cuivre par mine à ciel ouvert en août 2001 et, depuis 2009, pour le projet d'exploitation en mine souterraine des sulfures de cuivre.

Deuxième des projets congolais de FQM, Frontier Sprl constitue un investissement de plus de 280 millions USD pour une production annuelle moyenne de 84 000 tonnes de cuivre contenu, ce qui en a fait le plus grand producteur de ce métal au Congo en 2008. Frontier comprend une mine à ciel ouvert et un concentrateur d'une capacité annuelle de 300 000 tonnes de concentré avec une teneur de 25 à 30% de cuivre.

Le fleuron des investissements de FQM au Congo est KMT, à Kolwezi. Son capital d'investissement s'élève à 593 millions USD et une fois achevée, cette usine ultra-moderne aura nécessité un investissement estimés à 890 millions USD dans sa phase ultime. FQM a consacré, grâce au nouveau Code minier, 50 millions USD dans la prospection en RDC depuis 2004.

Au-delà de ces investissements colossaux, FQM se prépare à financer, à hauteur de 100 millions USD, la réhabilitation de deux turbines à Inga 2 et le reconditionnement de la ligne très haute tension Inga-Kolwezi. Cela permettra la production de 320 MW de courant électrique, dont 150 seront affectés aux opérations minières de FQM et 170 MW mis à la disposition de la SNEL pour leur redistribution sur l'entièreté du territoire Congolais.

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