Lambert Mende, ministre de la Communication et des Médias, a tenu mardi dernier au Grand Hôtel Kinshasa, une conférence de presse qui s'est articulée autour du rejet des rapports de trois ONG internationales sur les violations des droits de l'homme, les exactions des soldats congolais sur les civils, le pillage des ressources minières par les éléments de l'armée régulière, l'impunité des militaires et officiers auteurs des viols des femmes et filles à l'Est du pays, la présumée vente de l'uranium congolais aux pays de « l'axe du mal ».
Il s'est expliqué aussi sur la décision des autorités congolaises de couper le signal de RFI, coupable à leurs yeux de la désinformation du public congolais. Aux ONG comme à cette radio, le pouvoir de Kinshasa reproche l'intention non avouée de détourner les investisseurs du chantier de la reconstruction de la RDC.
Selon Radio Okapi, la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme), qui a publié un rapport intitulé « République Démocratique du Congo. La dérive autoritaire », a réagi de manière négative à la conférence de presse du ministre Mende. A travers la voix de Dismas Kitenge, son vice-président, cette ONG souligne que « le gouvernement congolais cache quelque chose à travers son agitation ». Il persiste et signe que les violations des droits de l'homme dénoncées dans son rapport sont fondées. « Lorsque le gouvernement s'agite, ça tend à conforter ce que nous disons : il y a réellement une dérive autoritaire du régime »., dit-il. Dismas Kitenge a confié à Radio Okapi que la coupure du signal de RFI était aussi une manoeuvre de cachotterie, un refus de la contradiction.
Il relève, à ce propos, une contradiction entre les lois internes et les traités internationaux ratifiés par la RDC. Il a cité aussi le cas de l'arrestation du président de l'Asadho/Katanga comme une preuve supplémentaire de la « dérive autoritaire », car FIDH estime que cet activiste des droits de l'homme n'est pas coupable d'une atteinte à la sécurité de l'Etat, car le communiqué de son organisation demande simplement au gouvernement la transparence dans un investissement étranger de nature à hypothéquer les intérêts des autochtones congolais. « Les faits sont clairs pour dire qu'il n'y a pas eu volonté politique de faire émerger la démocratie », souligne-t-il.

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