Kinshasa — Le Fonds BioCarbone de la Banque mondiale s'engage à acheter 500.000 tonnes de crédits carbone générés jusqu'à l'horizon 2017. Il vient de signer, à cette occasion, un contrat d'achat avec une entreprise congolaise, Novacel, pour le projet «Puits de carbone de Ibi Bateke».
Le Fonds BioCarbone de la Banque mondiale a signé un contrat d'achat des réductions d'émission vérifiées avec une entreprise congolaise, Novacel, pour le projet « Puits de carbone de Ibi Bateke ». La cérémonie s'est déroulée hier mardi 4 août au bureau de la représentation de cette institution financière internationale en RDC.
Le ministre de l'Environnement, Conservation de la nature et Tourisme ainsi que celui du gouvernement provincial de Kinshasa en charge de l'agriculture, ont pris part à cette solennité.
LUDI CARDOSOL'objectif poursuivi par ce projet est de séquestrer du gaz carbone (CO2) de l'atmosphère à travers les activités de reboisement sur le plateau de Bateke, situé dans la commune de Maluku. Cette opération s'effectuera concomitamment à la contribution au développement socio-économique de Kinshasa, en particulier et de la RDC, en général.
Le Fonds BioCarbone (BioCF) de la Banque mondiale s'engage «à acheter 500.000 tonnes de réductions d'émission vérifiées générés jusqu'à l'horizon 2017», a déclaré la directrice des opérations de la Banque mondiale en RDC et au Congo-Brazzaville.
Pour Marie Françoise Marie Nelly, le projet « Puits de carbone de Ibi Bateke » est bénéfique sur plusieurs plans notamment sociaux et environnementaux. Selon elle, une partie de revenus générés par la vente de crédits carbone sera destinée à des activités de santé. Les secteurs de l'éducation et le renforcement de la productivité de l'agriculture locale sont aussi concernés par le produit issu de ce fonds. « Ce projet, poursuit-elle, contribuera également à la réduction de la pression sur les forêts naturelles pour le bois de feu, à la protection de la savane du plateau de Bateke et à la récupération des aires dégradées ».
DEVELOPPEMENT DURABLE
A en croire la directrice des opérations de la Banque mondiale en RDC et au Congo-Brazzaville, le projet participera globalement à la mitigation du changement climatique, en séquestrant plus ou moins 24 millions de tonnes de CO2 en 30 ans. Pour cette raison, elle a apprécié à sa juste valeur l'initiative innovante prise par Novacel, le développeur du projet.
Le processus de préparation a été long et parfois décourageant, mais la persévérance de cette entreprise congolaise a permis d'atteindre les objectifs fixés et de réaliser le projet, a reconnu Marie Françoise Marie Nelly. Et ce, avant de souligner que les efforts déployés pour mobiliser les investissements du secteur privé, comme ceux concédés par le Suez et Umicore, sont particulièrement louables.
Selon Marie Françoise Marie Nelly, ce premier projet MDP (Mécanisme de développement Durable) en RDC confirme le potentiel que ce mécanisme apporte au développement durable du pays. Pour la directrice des opérations de la Banque mondiale en RDC et au Congo-Brazzaville, l'approbation de ce projet par le gouvernement central, à travers le ministère de l'Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme, exprime l'appui de celui-ci à ce programme.
Après son approbation par l'autorité nationale, « le projet doit maintenant être validé par une tierce partie, après quoi il pourra être officiellement enregistré auprès des Nations unies », a expliqué Marie Françoise Marie Nelly. Elle a en outre souligné que la Banque mondiale s'engage à travailler étroitement avec Novacel pour garantir le succès de ce processus. C'est dans cette optique que le BioCF envisage organiser, à la station d'Ibi, un atelier sur le monitoring des projets carbone pour tous ses programmes en Afrique francophone.
Le directeur général de Novacel a, de son côté, déclaré que son entreprise confirme, par la signature de ce contrat avec le BioCF, sa position de leader africain sur ce nouveau marché du carbone. Dès ce mois d'août, « Novacel s'engage dans la longue procédure d'enregistrement du puits de carbone forestier Ibi Bateke par le mécanisme de MDP de la convention cadre des Nations unies pour les changements climatiques (CNUCC) », a souligné Olivier Mushiete. Selon lui, dans le sillage du marché carbone, se profile aussi l'approche agro-forestière mise en oeuvre par Novacel.
Novacel combine l'agriculture, la forestière et le marché carbone. Convaincu, Olivier Mushiete a fait savoir que son entreprise ouvre, par la combinaison de ces trois composantes, la voie d'un développement rural durable et bénéfique pour les plus reculés du plateau des Bateke et les populations des villages environnants de cette banlieue de la capitale.
Outre le contrat du Fonds BioCarbone de la Banque mondiale, Orbeo, une firme française du groupe Société générale, s'est également engagée à acheter la même quantité de crédits carbone, selon les mêmes termes que le BioCF.

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