Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Projet de centrale électrique INGA III - Forte pression sur Kinshasa

Kinshasa — Les pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), associés avec la RDC au projet de construction du barrage d'INGA III dans le Bas-Congo, ne comprennent plus l'attitude ambiguë de Kinshasa. Ils sont prêts à se retirer du projet si Kinshasa multiplie, comme c'est le cas, des exceptions pour sa mise en oeuvre.

En effet, si ce projet échouait- comme il semble en être le cas - la SADC risque de s'en sortir très fragilisée alors que les cinq (5) pays prenant part au projet ont clairement exprimé le désir de mettre en commun leurs efforts pour faire bénéficier à toute la sous-région l'impressionnant potentiel hydroélectrique d'INGA. Tout se passe comme si Kinshasa aurait l'intention de faire cavalier seul dans le projet INGA III.

Pour atteindre cet objectif, Kinshasa n'a trouvé mieux que de se tourner vers les miniers qui ont soif de l'énergie pour garantir leurs investissements. Le plus en vue dans ce cadre aura été BHP Billiton qui a un projet de construction d'une fonderie d'aluminium dans le Bas-Congo.

Mais, ce projet exige plus d'énergie que ne pouvait garantir Inga dans son format actuel. D'où, la nécessité d'un troisième module (INGA III). Un montage financier a été vite trouvé. Obnubilée par le rêve de savourer sans interférences aucunes les rentrées financières d'Inga III, la RDC n'a trouvé mieux que se détourner de ses vieux amis de la SADC. Temps d'arrêt pour le projet Inga III.

Au terme du protocole d'accord signé en 2006 par le ministre de l'Energie de l'époque, Salomon Banamuhere, les deux parties convenaient de coopérer. Elles se lançaient ainsi par l'exécution d'une étude qui évaluera la faisabilité de la réalisation et de l'implantation, par BHP Billiton, d'une fonderie d'aluminium de renommée internationale et de la dernière technologie en RDC, utilisant l'énergie en provenance de la centrale hydroélectrique Inga 3, ou toute autre centrale qui pourrait être érigée dans le site.

LE NAUFFRAGE

Le projet WESTCOR (Western Power Corridor) ou le corridor Ouest de l'énergie électrique concerne, outre la RDC, l'Angola, la Namibie, la RSA, avec une dérivation vers le Botswana. WESTCOR est supposé être un holding avec trois (3) sociétés de production, de transport haute tension et de télécommunication. La société était constitue pour construire la centrale INGA III - ce qui ne représente que 10% du potentiel total d'INGA dans sa phase finale (Grand Inga) qui est de 44.000 MW.

INGA III est réservé pour alimenter les cinq pays, car dans WESTCOR, les 5 sociétés d'électricité de cinq pays sont les principaux actionnaires, à 20% chacune : SNEL (RDC), ENE (Angola), BPC (Botswana), MANPOWER (Namibie) et ESKOM (RSA).

Dans le plan de mise en oeuvre du projet, il était prévu la création d'une société de transport de haute tension qui va vendre l'énergie à ces cinq pays, car WESTCOR n'aura que 5 clients qui sont les 5 sociétés d'électricité, chacune d'elle gardant ses clients à l'intérieur de son pays. Gaberone, capitale de Botswana, devait accueillir son siège social.

Sur papier, la société a déjà été créée au travers de trois (3) accords, dont le premier était un accord intergouvernemental qui autorisait les sociétés de signer un accord inter-sociétés. Ensuite il y a eu la signature d'un accord d'actionnariat, le 7 septembre 2005 à Gaberone. Chaque société actionnaire a fait la libération des fonds du capital initial, 100.000 Usd par société. En novembre 2005, cette société devait devenir opérationnelle. Puis ce fût le trou noir.

Dés que le directeur général devait être sélectionné, le Nepad avait cependant donné sa garantie de financer les études de faisabilité, prévues pour au moins deux ans. C'est à l'issue de ces études que l'on devrait connaître le coût exact de l'ouvrage et le tarif prévisionnel auquel on pourra vendre cette énergie électrique. Il était prévu, par la suite, un projet de mobilisation des financements des ouvrages, estimé à cinq milliards de dollars, dont les ¾ consacré à la centrale d'INGA III et le ¼ aux lignes de transport à haute tension, courant continu et courant alternatif, à construire à travers les cinq pays.

En toute logique, Inga III était un grand challenge au niveau régional, du fait qu'en Afrique, il n'y a pas eu encore de centrale hydroélectrique de cette dimension. Malheureusement, le projet sombre faute d'une position clairement définie au niveau de Kinshasa.


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