America.gov (Washington, DC)
7 Août 2009
La secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, a déclaré que les États-Unis continueraient à appuyer le gouvernement fédéral de transition de la Somalie (TFG) et elle a prié l'Érythrée de mettre fin à son ingérence dans ce pays, lors de la conférence de presse qu'elle a donnée le 6 août à l'ambassade des États-Unis, à l'issue de son entretien avec le président de la Somalie, Cheikh Charif Cheikh Ahmed.
Cet entretien, a-t-elle dit, a été fructueux et a porté sur les problèmes auxquels se heurte la Somalie et sur les efforts de la communauté internationale pour soutenir le gouvernement fédéral de transition alors qu'il défend le peuple somalien et se dresse contre la menace de l'extrémisme violent.
Mme Clinton a exprimé un appui durable au TFG et indiqué que les États-Unis s'étaient joints à l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), à la Ligue arabe, à l'Organisation de la conférence islamique et à l'Union africaine dans leur soutien au processus de paix de Djibouti, dont l'objectif est de mettre fin au conflit et de rétablir la paix. « Nous pensons que le gouvernement de M. Charif offre le meilleur espoir que nous ayons depuis un certain temps pour un retour à la stabilité et pour la possibilité de progrès en Somalie », a-t-elle dit.
En début de journée, Mme Clinton s'était rendue au Memorial Park de Nairobi où elle a déposé une gerbe à la mémoire des victimes de l'attentat à la bombe contre l'ambassade des États-Unis au Kénya qui a tué, le 7 août 1998, 213 personnes et fait plus de 4.000 blessés. Elle était accompagnée de plusieurs survivants de cet attentat.
Un gouvernement fédéral de transition somalien plus fort
Un TFG plus fort aurait « des effets positifs, non seulement pour la Somalie mais aussi pour toute la région et pour le reste de la communauté internationale. Il contribuerait à une meilleure stabilité régionale et commencerait à remédier à la crise humanitaire des réfugiés qui touche les pays limitrophes de la Somalie, notamment le Kénya », où se trouvent actuellement quelque 300.000 d'entre eux, a souligné Mme Clinton.
Elle a fait l'éloge du gouvernement Charif pour « avoir entamé la lutte au nom du peuple somalien contre Al-Chabaab, le groupe terroriste qui a des liens avec Al-Qaïda et d'autres réseaux étrangers de militants ». Al-Chabaab « et ses alliés font fi des droits de la personne humaine, des droits des femmes, de l'éducation, de la santé et du progrès du peuple somalien. Ils voient la Somalie comme un futur abri sûr pour le terrorisme mondial ».
Des millions de Somaliens, soit environ 40 % de la population, ont besoin d'aide humanitaire alors qu'ils se heurtent à un conflit qui perdure, à une sécheresse prolongée et à des foyers de maladies qui éclatent périodiquement, a-t-elle fait remarquer.
La secrétaire d'État a reconnu que les institutions du TFG avaient besoin de réformes et d'un soutien pour être en mesure de fournir les services de base à la population somalienne. « Les États-Unis et la communauté internationale doivent être des partenaires activement impliqués dans les efforts du TFG pour aider le peuple somalien à régler le conflit et à progresser au-delà de ce conflit et de la pauvreté qui sévissent dans le pays. ».
Elle a également fait l'éloge de la mission de l'Union africaine en Somalie pour « le rôle instrumental » qu'elle jouait pour fournir la sécurité et l'appui nécessaires au fonctionnement du TFG. Les États-Unis ont fourni plus de 150 millions de dollars au cours des deux dernières années à la mission de maintien de la paix de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), et des fonds supplémentaires seront alloués dans les prochains mois.
Par ailleurs, les États-Unis se sont engagés à continuer à fournir du matériel et une formation au TFG de même qu'une aide humanitaire au peuple somalien et ils incitent les autres pays de la région à soutenir le processus de paix de Djibouti. « Il est grand temps que l'Érythrée cesse d'appuyer Al-Chabaab et qu'elle joue un rôle utile au lieu de déstabiliser la Somalie », a souligné la secrétaire d'État.
Lors de cette conférence de presse, M. Charif a dit, par le truchement d'un interprète, qu'il était reconnaissant de l'entretien avec Mme Clinton. Il a indiqué qu'il avait exprimé ses vues en termes « très francs » et qu'il espérait que des entretiens comme celui-ci contribueraient « à sortir son pays de la crise actuelle ».
Il a souligné que ce qui se passait dans son pays n'était pas une guerre civile, mais que les troubles étaient provoqués par « des personnes qui avaient des intérêts stratégiques à faire de la Somalie une base à partir de laquelle ils déstabiliseraient le monde ». Il a expliqué que l'islam était une religion pacifique et que l'objectif des terroristes en tuant des personnes innocentes n'avait rien à voir avec celle-ci. « Mon gouvernement est déterminé à servir fidèlement le peuple somalien », a-t-il affirmé.
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