Kinshasa — La RDC et le Rwanda se proposent de mobiliser 480 millions Usd pour la construction d'une centrale de 200 mégawats sur le lac Kivu. L'exploitation commune du gaz du lac Kivu est au coeur du réchauffement de la coopération République démocratique du Congo-Rwanda. Déjà, le Rwanda exploite le barrage de Kibuye Power I, construit dans le cadre de la Communauté économique des pays de grands lacs, CEPGL. Sur le versant congolais, rien n'est fait jusque-là, mais avec le réchauffement de la coopération, en commun les deux pays comptent mobiliser 12 millions de dollars américains pour la construction d'une centrale de 5 mégawats au bénéfice de la RDC.
L'élan ne s'arrête pas en si bon chemin. Les deux pays donnent des signaux clairs d'une volonté d'aller plus loin. Aussi, est-il prévu la mobilisation des bailleurs de fonds bi et multilatéraux pour atteindre l'objectif d'un barrage d'une capacité de 200 mégawats. Une bouffée d'oxygène pour les industries lourdes à installer dans cette partie de la RDC, considérée comme riche en minerais.
En fait, il ne se poserait aucun problème d'absorption de cette puissance électrique d'autant plus que cette électricité ne manquera pas de preneur. Le développement de la partie Est de la RDC ayant déjà été amorcé, cette puissance électrique de plus, rendue disponible est d'un soutien incontestable à la croissance.
Chaque Etat pourrait disposer de 100 mégawats sur le total de 200 à produire. Une société gérera la production ainsi créée, en même temps qu'elle laissera la liberté aux Etats de disposer de leur quote-part à leur guise. Cette manne énergétique, si elle était exploitée, permettrait à la RDC et au Rwanda de disposer d'une source d'énergie fiable pour répondre aux besoins de développement. Cimenterie, sècherie de thé, brasserie, raffineries de minerais, industries manufacturières, ...
UN ENJEU ENVIRONNEMENTAL CRUCIAL
Selon des sources, les travaux pourraient s'effectuer par palier de 50 mégawats de part et d'autres de la rive du lac Kivu. Ainsi, sauf changement, le plan prévoit la construction de 4 stations, deux de chaque coté, d'une puissance de 50 mégawats chacune.
L'absence d'exploitation du gaz méthane du lac Kivu est un danger pour les villes de Goma, Gisenyi, Bukavu et Cyangungu. Au fond du lac Kivu se trouve enfouis, sous 250 mètres d'eau, 50 milliards de m3 de méthane exploitable.
L'accumulation du méthane peut provoquer une explosion, suivie de la disparition de la carte du monde des quatre villes citées ci-haut, à savoir Goma, Gisenyi, Bukavu et Cyangungu. L'enjeu étant de taille, bien que provoquant l'effet de serre, sa conversion utilitaire pour les usagers est un pari à relever. En compensation de l'exploitation comme combustible et liquide réfrigérant, le gaz méthane peut contribuer à la lutte contre la déforestation.

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