Ainsi, les présidents congolais Joseph Kabila Kabange et rwandais, Paul Kagame, se sont rencontrés à Gisenyi le jeudi 6 août 2009 pour consolider le rapprochement entre leurs deux pays, débuté en début d'année : on se rappelle que Kigali avait fait arrêter son pantin fauteur de guerre en RDC, Laurent Kunda Batuaré, gardé au Rwanda depuis ; de son côté, Kinshasa n'avait-il pas dû se résoudre à autoriser l'armée rwandaise à exercer, conjointement avec ses propres troupes, son droit de poursuite contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui opéraient dans l'est de la RDC ?
Symbolique, la rencontre de Gisenyi l'est justement par le choix de cette ville symbole : en effet, selon nos confrères de la presse de l'ex-Zaïre, la Rwandaise Gisenyi et la Congolaise Goma, bercées toutes deux par la fraîcheur du lac Kivu, ne sont plus séparées, mais désormais reliées par, dit l'Avenir Quotidien du 6/08/09, un passage à niveau, que soulèvent les policiers de part et d'autre.
C'est dire qu'autrefois lieux de séparation, de distinction entre RDC et Rwanda, c'est-à-dire de division en temps de guerre, Gisenyi et Goma sont dorénavant un point de contact, de rencontre, de passage pour aller vers l'autre ; d'autant plus que, d'un côté comme de l'autre, s'y côtoient des populations identiques, hutues et tutsies, congolaises ou rwandaises selon. A tel point que, d'après notre confrère susmentionné, "Goma et Gisenyi, c'est comme bonnet blanc et blanc bonnet, difficile de faire une démarcation nette à vue de nez entre les deux agglomérations siamoises voisines,..." et n'eût été cette barrière, on se croirait dans une seule et même ville, où on entre et dont on sort comme si...
A travers ce symbolisme, cette rencontre Kabila/Kagame s'inscrit donc dans la poursuite du processus de rétablissement de la paix et de la sécurité pour les deux Etats, son ordre du jour portant sur, côté congolais, l'extradition du général rebelle Kunda pour qu'il soit jugé par la justice de son pays, et, côté rwandais, sur l'éventualité d'une réintervention militaire en RDV contre les FDLR. Même que, selon l'Avenir Quotidien, "tout le monde parle de l'exploitation commune du gaz méthane du lac Kivu.
C'est une occasion pour que Kabila et Kagame se rencontrent pour en parler lorsqu'on connaît le besoin d'énergie pour les deux pays". Cette idée de Sarkozy de partage des richesses de la RDC avec ses voisins moyennant la paix est-elle, finalement après les haros sur le baudet qu'lle a suscités à sa divulgation, tombée dans des oreilles de non-sourds ? Symbole des temps nouveaux entre Rwanda et RDC, alors qu'une barrière est faite pour empêcher son franchissement, nos confrères n'y voient plus que quelque chose qu'on lève volontiers pour permettre à l'autre de passer.
Alors, beau fixe dans les relations congolo-rwandaises, coupées certes par suite de la 2e guerre du Congo en 1995, mais marquées par un échange d'ambassadeurs par suite du sacrifice Kunda ? Premièrement, rappelez-vous, chers lecteurs, que l'échange de Laurent Kunda contre l'aval kinois donné à Kigali de franchir le Rubicon au détriment des FDLR n'a pas rencontré l'assentiment de tous au Congo, et a même coûté son poste au président de l'Assemblée nationale à l'époque, ce qui signifie que l'accalmie rwando-congolaise n'a pas eu lieu aux conditions de tous.
En tout cas, bien que le Mouvement de libération du Congo (MLC), parti de l'opposition dite institutionnelle là-bas, ait accueilli favorablement la rencontre entre les présidents Kabila et Kagame, son SG, François Mwamba, estime qu'une paix véritable, ce n'est pas une paix entre deux présidents, c'est une paix entre deux peuples, il faut que ce soit de telle manière que, même quand les régimes vont changer, la paix demeure...

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