La Prospérité (Kinshasa)
11 Août 2009
Kinshasa — Ils sont rentrés au pays avec une bagatelle d'éloges à l'endroit du Botswana, les Congolais qui ont participé aux assises préparatoires du Dialogue Inter Congolais à Gaborone sous les auspices du Président Ketumile Masiré.
Les infrastructures d'une ville moderne, l'organisation de la société, le niveau de vie des botswanais ont étonné plus d'un congolais qui a eu la chance de poser ses pieds dans ce pays de l'Afrique australe aux dimensions d'un district du sous-continent qu'est le Congo-Kinshasa. Ce petit pays, doté d'importantes ressources minières, principalement le diamant, s'est développé. Au point de pousser la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, de le citer en exemple, de demander aux congolais qui barbotent, eux aussi, sur d'importants gisements miniers de l'imiter. Cet appel a été fait hier, à la colline dite inspirée, au cours d'un échange d'environ une heure avec les étudiants de l'Université de Kinshasa. Qu'est-ce qui manque à la RDC ? Telle est vraisemblablement la question à laquelle Mme Hillary Clinton a tenté d'apporter quelques éléments de réponse, à peine voilés, bien entendu. Il est revient aux congolais, a-t-elle dit, de dire et de défendre ce qui est bien pour eux, de faire des choix, des bons choix, d'imiter. Mais également de saisir les opportunités, le pays étant arrivé à un moment décisif.
Qu'est-ce à dire ? Les partenaires bilatéraux comme multilatéraux se bousculent au portillon de la RDC, pour ne pas dire se précipitent au chevet d'un Congo malade. Malade surtout de ses cadres politiques qui, des années durant, bientôt un demi-siècle, ont perdu et continuent à perdre énormément du temps dans des guerres fratricides, des conflits politiques inutiles. Après les élections générales de 2006, les jalons d'un nouveau départ étaient visiblement posés. Le choix majeur qui détermine tout le reste, à savoir le choix démocratique qui veut qu'on accède au pouvoir par des voix pacifiques, démocratiques, la voie des urnes a été plébiscité par le référendum constitutionnel. Le second choix, tout aussi primordial, à savoir le choix des hommes, pour transporter sur leurs épaules les grandes transformations attendues n'a pas suivi.
La conséquence est là, le Chef de l'Etat s'en plaint sur la place publique. Il manque les hommes, même 15, pour l'accompagner dans ce vaste chantier de reconstruction de ce gigantesque pays. Le clientélisme, ce fléau qui a tout détruit sur son passage sous la deuxième République continue à détruire. Le détournement des deniers publics, la corruption, sont des mauvais choix pour lesquels les congolais ont du mal en s'en débarrasser. Dans ces conditions, il sera difficile au Congo-Kinshasa de prendre l'élan du développement, malgré ses immenses ressources minières ; il sera difficile aux investisseurs de se sentir sécuriser dans un pays où les organisations des droits ne cessent de dénoncer les dérapages suite aux mauvais choix. Aux congolais de se réveiller, de faire des bons choix et de se développer et de développer leur pays, d'imiter les autres avant d'innover.
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