Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Affaire Golden Misabiko - Des activistes des droits humains dénoncent la politisation

Arrêté le 24 juillet 2009 dans la capitale cuprifère, au motif d'avoir porté atteinte à la « sûreté de l'Etat et tenu des propos diffamatoires à l'endroit de certaines personnes », le président de l'Association Africaine des Droits de l'Homme ( Asadho ), section Katanga, Golden Misabiko, est toujours en détention préventive.

Les activistes des droits de l'homme, qui remuent ciel et terre en vue d'obtenir sa libération, s'étaient rendus à Lubumbashi au début de la semaine passée. De retour à Kinshasa le samedi 8 août 2009, ils ont tenu une conférence de presse le lendemain au siège des Amis de Nelson Mandela pour la Défense des Droits Humains (ANMDH) à Kalamu, pour fixer l'opinion sur l'évolution de ce dossier.

Le président du groupe Lotus, Dismas Kitenge, et Chebeya de la Voix des Sans Voix (VSV) ont fait savoir qu'ils ont mené des plaidoyers auprès des autorités politiques, judiciaires et autres élus locaux pendant leur séjour à Lubumbashi. Ils ont été reçus à deux reprises par le gouverneur Moise Katumbi. Dismas Kitenge est revenu sur les promesses de libération de leur collègue formulées par le gouverneur Moise Katumbi, sans résultat positif.

Dossier politisé

Il a fait état de la marche pacifique initiée par les activistes des droits de l'homme en date du 7 août pour réclamer la relaxation de l'infortuné Misabiko. Tenant des calicots dans lesquels ils dénonçaient également la cessation de l'exploitation illégale de l'uranium, certains d'entre eux finiront par être appréhendés par les forces de l'ordre, et seront amenés plus tard auprès du numéro un du Katanga avec lequel ils ont eu un second entretien.

Revenant sur l'arrestation du président de l'Asadho / Katanga, il nous a été donné d'apprendre qu'il avait été transféré de l'ANR au Parquet de Lubumbashi le lendemain. Néanmoins, le PV d'audition du détenu ne portait aucune signature. Le rapport élaboré par l'Asadho relatif à l'exploitation artisanale du site minier de Shikolombwe n'a pas non plus été annexé au PV. Autre pièce absente au dossier : les éléments sonores, à savoir, la bande contenant l'interview accordée par l'activiste congolais à la chaîne BBC.

Dépourvu de ces pièces, le magistrat chargé d'instruire le dossier n'a pas pu faire son travail à temps. Il est entré en possession de ces pièces en date du 3 août.

Entre-temps, le conseil de Golden Misabiko a demandé la libération provisoire de son client. Il n'a pas obtenu gain de cause. Les magistrats du siège et du parquet se plaignent en privé de la complexité de ce dossier, ont indiqué les orateurs. En fait, les hommes en toges ont dit aux défenseurs des droits de l'homme avoir tous les regards des cols blancs lushois braqués sur eux.

C'est la raison pour laquelle personne d'entre eux n'ose se hasarder à classer ce dossier. Le Tribunal de Grande Instance et même le Parquet de Lubumbashi ne savent quoi faire. Le Procureur général de cet office, censé dénouer le noeud gordien, est lui aussi dans l'embarras. En raison des aveux et propos entendus ça et là , on est en droit de parler de la politisation de ce dossier, ont-ils indiqué.

Respect de la vérité.

Répondant aux questions des médias qui voulaient avoir un complément d'informations sur ce feuilleton, Dismas Kitenge , Chebeya et consorts ont relevé que s'il s'avérait que leur collègue est réellement fautif, la justice est appelée à bien dire le droit. Par ailleurs, le rapport relatif à l'exploitation artisanale et illégale de la mine de Shikolombwe, élaboré par l'Asadho fait état du non-respect du décret présidentiel. Qui comme on le sait se rapporte à la fermeture de ce site.

Mais également aux effets environnementaux découlant de l'exploitation de ce site et l'obligation pour le gouvernement congolais de mettre à la portée du public des termes de référence du contrat pouvant être conclu entre l'Etat congolais et le groupe français Areva dans un proche avenir. Les défenseurs des droits de l'homme n'ont aucun intérêt à attiser le feu ou encore à se substituer aux gouvernants. Naturellement, ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour le faire sortir de ce mauvais pas. Car, ils estiment qu'il n'a rien fait de répréhensible.


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