L'Aurore (Conakry)
11 Août 2009
Le 31 juillet une forte délégation Gouvernementale de Monrovia conduite par le docteur Eugene H. Shannon a séjourné à Conakry, pour négocier un partenariat avec le Gouvernement de Moussa Dadis Camara.
Les consultations ont abouti à un communiqué final sur "l'intention des deux gouvernements de collaborer, en vue d'harmoniser les politiques minières des deux pays". Il a été décidé, sous la houlette du Ministre d'Etat chargé de la Construction Boubacar Barry, de la mise en place d'une "Commission Mixte de Coopération" chargée d'examiner les voies et moyens de la conception d'un tel partenariat. Cette commission sera placée sous l'autorité du Ministre des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique de la Guinée, Mahmoud Thiam et de celui des Terres, des Mines et de l'Energie du Liberia, le docteur Eugène H.Shannon.
La problématique étant l'évacuation du minerai des Monts Nimba (Société des Mines de Fer de Guinée, SMFG) et des Chaines des Monts Simandou (BSG-Ressources, Simfer SA). Les sociétés SMFG et Simfer SA avaient par le passé, présenté aux autorités Guinéennes des options d'évacuation par la Libirian Minerals Corporation (Lamco), située à proximité de la Frontière avec la Guinée. Cette action avait été largement décriée par les cadres Guinéens, qui estimaient que le TransGuinéen est une question de souveraineté de la Guinée depuis 1969. C'était un volet non négociable, jadis. Les feux Présidents Sékou Touré et Lansana Conté, avaient tous "sagement" repoussé cette offre, malgré les promesses d'aides financières quand ils étaient aux commandes.
En dépit de l'adhésion actuelle du Ministre Boubacar Barry à cette option du TransLiberien, les cadres du Ministère des Mines ont tendance à renouveler leur position hostile à cette donne. A moins que le Liberia n'accepte que le TransLiberien et les infrastructures annexes donc le port, soient propriétés exclusives de la Guinée avec Royalties. Ce qui serait difficile pour le Liberia, qui cherche à rentabiliser les infrastructures ainsi que les faibles poches de minerai de fer, identifiées sur son territoire et qui ont besoin d'être enrichies pour le minerai Guinéen à haute teneur.
Si l'intégration Sous-Régionale est un véritable alibi pour engager une telle discussion, des Guinéens n'oublient pas, que le Liberia a exploité tant soit peu son minerai de Nimba (les chaines des Montagnes sont à cheval entre le Liberia, la Guinée et la Côte D'Ivoire), sans le moindre esprit de partenariat ou de partage avec le pays des "Rivières du Sud".
Mieux, analyse-t-on, accepter une telle décision serait suicidaire, du point de vue popularité, pour le Capitaine Moussa Dadis Camara, car au lieu d'être un Moïse Sauveur de la Guinée, il aura tout bonnement bazardé le désenclavement national donc, le Développement durable du pays, quelque soit la contrepartie numéraire.
Si le Gabon avait fait du TransGabonais une priorité, les retombées dépasseront de loin le sacrifice consenti par feu Elhadj Oumar Bongo Ondimba. Si la Chine abrite 1 200 aciéristes et les plus consommateurs de minerais, actuellement, c'est grâce au sacrifice lié à la réalisation des grands barrages énergétiques. Alors, Dadis ne devrait, a ce point, se dérober du développement de la Guinée, avec le TransGuinéen qui traversera toutes les Régions Naturelles, avec des répercussions économiques positives majeures, d'abord pour les riverains et ensuite, pour le Trésor Public.
A supposer que Lansana Conté ait par le passé accepté le Translibérien, que serait devenue l'exploitation de Nimba-Simandou sous la Rébellion de Charles Taylor ? Tout comme l'Option de San Pedro, que serait devenue cette exploitation sous la période d'instabilité en Côte D'Ivoire sous seigneur Rober Guéï ? Ne Parlons donc surtout pas du TransSierra Léonais qui est plus fragile que les deux premiers.
A cette option du TransLibérien quelle sera la part de la Guinée dans la politique de gestion de mains d'oeuvre, à la mise en oeuvre des politiques stratégiques de développement nationaux ? Justement, pourquoi la Guinée ne ferait pas un choix de partenaire stratégique, ne serait-ce qu'en joint-venture avec les Grands du monde de l'aciérie, BHPBilliton, Rio Tinto et Vale pour la construction rapide et fiable du TransGuinéen et de l'exploitation de son minerai de fer, afin d'éradiquer l'inquiétude liée aux investissements sur les infrastructures et déclencher une dynamique économique sur les produits dérivés du Fer ?
Au lieu d'opter pour une éventuelle source de conflits à long terme, a-t-on imaginé ce que le pays perdra en développement Durable ? Et les infrastructures de bases liées aux différents projets évoluant sur ces zones, très pauvres et isolées par le manque notoires des ouvrages de francissement ?
Ce choix du Gouvernement Kabinè Komara devrait être soumis à l'approbation des pouvoirs publics locaux, des communautés et du secteur des industries extractives à défaut de ratification par l'Assemblée Nationale ou par Référendum, afin que ces couches expriment leurs préoccupations en matière de partenariat avantageux pour tous. Sinon
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