Les drapeaux algériens et tunisiens flottaient haut et la température est montée de plusieurs crans plus que d'habitude, dimanche dernier, au théâtre antique de Carthage. Eh oui, après une longue absence, Cheb Khaled y a véritablement mis le feu !
Si Khaled l'homme a pris un certain coup de vieux -ce qui est tout à fait normal!-, l'artiste, lui, n'a pas pris une seule ride. Deux heures d'affilée, le roi du Raï a enflammé un public venu en masse, enchaînant environ dix-huit titres de son répertoire.
Le sourire toujours affiché, les yeux pétillants, il a interprété plusieurs de ses tubes : l'incontournable "Di-Di", son premier succès qui a fait le tour du monde, " Ya Chebba", "Bakhta", "Abdelkader", "Zine A Zine", "La liberté", la chanson qui a donné le titre à son dernier album, et bien d'autres.
Avec une aisance déconcertante, Cheb Khaled varie les modulations de sa voix et change ses tonalités, faisant preuve d'une grande maestria. Naturel, décontracté, vêtu d'une chemise rose, d'un pantalon noir et baskets aux pieds, il se meut sur scène tel un enfant, vibre et danse au rythme enivrant de la musique, taquine ses musiciens, joue à l'orgue, et parle au public. Encore une fois, cette star a montré ses talents de véritable showman.
Comme tous les concerts de Cheb Khaled, la soirée était placée sous le signe de la puissance rythmique. Les sons du oud électrique, du violon et de la darbouka s'accomodaient à merveille avec ceux de la batterie, du saxo et de la trompette, secouant un amphithéâtre archicomble. Puissance émotive aussi, avec des chansons qui parlent d'amour et d'exil.
Toutefois, Khaled a un peu déçu ses fans invétérés et déchaînés, en n'interprétant pratiquement que des titres de ses anciens albums et en omettant quelques tubes mythiques comme "Wahrane". Nous nous attendions au moins à entendre son dernier single "Même pas fatigué". Il ne l'a pas fait. Dommage.
Dans tous les cas, la frustration était atténuée quand l'artiste a chanté "Aicha", clôturant ainsi son concert en beauté, à minuit pile.
Renouant ainsi avec son public à Tunis dans une soirée mémorable, Khaled a montré encore une fois qu'il est incontestablement l'ambassadeur de la musique algérienne. Ceux qui l'ont surnommé le roi du raï n'avaient pas tort.

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