United Nations (New York)
11 Août 2009
La Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé mardi le gouvernement congolais à mettre fin à l'impunité pour toutes les violences sexuelles liées au conflit comme à celles de droit commun, lors d'un entretien avec la radio de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), Radio Okapi.
« Il faut commencer en s'assurant que l'armée en République démocratique du Congo (RDC) ne commet pas de violences sexuelles ou de violences contre les femmes et qu'il n'y ait d'impunité pour aucun des auteurs », a déclaré la Secrétaire d'Etat américaine.
« Mais la violence sexuelle est un problème dans tout le pays [...] et il faut des lois plus fermes contre les violences domestiques, contre les viols commis par des criminels dans les rues de Kinshasa ou d'une autre ville », a-t-elle souligné. « Il faut des poursuites plus vigoureuses de la part des forces de l'ordre et de la justice ».
« Le gouvernement congolais, bien sûr, sort de nombreuses années de guerre, ce qui est très déstabilisant pour la société puisque souvent les droits de l'homme sont considérés comme un luxe en temps de guerre, mais il n'y a plus d'excuses et il faut attendre davantage du gouvernement, des Etats-Unis, d'autres pays ainsi que des Nations Unies », a-t-elle insisté.
La Secrétaire d'Etat a expliqué que son pays travaillait avec les Nations Unies en sa qualité de principal contributeur à la MONUC, avec le gouvernement du président Kabila et avec l'armée pour former et inculquer le respect des droits fondamentaux et des droits des femmes, outre les services de santé apportés aux femmes victimes.
Interrogée sur la contribution de la Chine au développement du pays notamment en termes de construction de routes et d'hôpitaux, Hillary Clinton a souligné qu'il s'agissait d'une oeuvre importante mais que la bonne gouvernance l'était tout autant, avec la défense des droits fondamentaux, une justice indépendante, une presse libre et des institutions démocratiques solides, un marché libre et la lutte contre la corruption.
La Secrétaire d'Etat américaine a dit que lors de sa rencontre avec le président Kabila, mercredi, elle transmettrait un message du président américain Obama qui souhaite « ouvrir un nouveau chapitre entre le peuple congolais et le peuple américain ».
« Je suis ici pour explorer les moyens de travailler ensemble, mais nous pensons aussi qu'il faut mettre fin à l'impunité, à la corruption et qu'il faut plus de transparence et de responsabilité. Les ressources naturelles minérales et autres du pays doivent servir le peuple congolais et non pas un groupe très restreint comme par le passé, ni les pays ou les entreprises étrangères qui exploitent les richesses et se retirent sans investir en proportion dans le pays », a affirmé Mme Clinton.
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Madame la Secrétaire d’État,
La guerre tant odieuse qu’injuste qui perdure depuis 1996 en RDC est une des plus meurtrières et des plus barbares que notre monde contemporain ait jamais connue. En effet, l’agression et l’invasion du Congo par les armées rwandaises et ougandaises, depuis 1996, n’ont jamais fait l’objet de condamnation ferme de la part de votre gouvernement.
Les différents rapports internationaux font état de la responsabilité de votre gouvernement dans les souffrances indicibles que vivent, au quotidien, les populations congolaises. Nous en appelons donc à votre conscience pour contribuer à stopper l’absolue tragédie imposée aux populations civiles innocentes de la RDC. Nous, Collectif des Femmes Congolaises pour la Paix et la Justice face à la Communauté internationale disons " NON à la Paix à tout prix". Nous, femmes congolaises, considérons que la normalisation des rapports entre les deux états frontaliers que sont la République Démocratique du Congo et le Rwanda, en vue du rétablissement d'une paix durable dans la sous-région implique obligatoirement l'application de la justice. On ne saurait parler de paix durable sans la justice, la reconnaissance pratique des droits des victimes et la réparation des préjudices.
"La Justice" pour les femmes congolaises violées et violentées sexuellement durant plus d'une décennie, "La Justice" pour les hommes congolais massacrés et déplacés de leurs territoires, "La Justice" pour les enfants congolais exploités et enrôlés pour servir de chair à canon aux milices Rwandaises et ses acolytes dans l'abomination.
La reconnaissance du statut de victime à l'ensemble des rescapés de cette folie meurtrière.
"La réparation des dommages" graves qui leur ont été infligé et qui perdureront sur des générations. "La restauration" de leur droit de citoyen d'un pays libre.
Il ne peut donc y avoir de paix sans justice. C'est à ce prix et à ce prix seul que les survivants de cette boucherie humaine pourront œuvrer au rétablissement de leur intégrité physique, morale et citoyenne. Et c'est à ce prix seul que la République Démocratique du Congo recouvrira sa souveraineté étatique. Collectif des Femmes Congolaises pour la Paix et la Justice
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