L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Cinéma africain - Manne algérienne pour la coproduction

L'occasion du deuxième Festival culturel panafricain d'Alger (PANAF) (du 5 au 20 juillet 2009) fut belle pour les autorités algériennes de réunir un jury interafricain pour octroyer des aides à des projets de longs et courts-métrages. C'était à l'issue d'un colloque international sur le cinéma africain, présidé par le ministre de tutelle d'Algérie, Khalida Toumi.

Le PANAF 2009 fut un événement qui a célébré, en l'espace de deux semaines, toutes les cultures et identités de l'Afrique. La première édition, qui a eu lieu 40 ans plutôt, s'était fixé comme objectif de fêter les cultures africaines et de servir les aspirations à la liberté de nombreux pays du continent noir, qui vivaient encore sous la férule coloniale. Son succès d'alors a été franc et a marqué les esprits. Aujourd'hui en 2009, a indiqué madame Toumi, les défis et les promesses de l'Afrique ont évolué. Elle s'est engagée dans la voie de l'unité, du développement et de la renaissance. La deuxième édition du festival a réuni tous ceux qui désirent Å"uvrer dans ce sens.

Le PANAF a aussi été une plateforme qui a permis aux artistes et intellectuels africains de présenter leur travail et de partager leurs points de vue, leurs espoirs et idées pour l'avenir. Dans l'intervalle des deux éditions, a rappelé la ministre de la Culture algérienne, le continent a dû faire face à de nombreuses épreuves résultant des effets conjugués de la colonisation et des crises de croissance que chaque nation traverse logiquement. Parmi les secteurs qui ont permis de maintenir une image digne de l'Afrique, figure en bonne place le cinéma. Contre vents et marées, en dépit des pires difficultés économiques, les cinéastes africains ont réussi à maintenir la flamme en produisant, réalisant et intégrant des films qui ont fait le tour du monde et des festivals.

Un hommage a donc été rendu au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), qui, depuis 1969, a réuni la famille cinématographique africaine et a su résister aux périodes difficiles. Reconnaissance qui va également à la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), au sein de laquelle les cinéastes du continent et de la diaspora ont su rester regroupés. Le PANAF 2009, les autorités algériennes le voulaient une confirmation du renouveau du cinéma africain.

Malgré la qualité des productions, les films du continent, foi de Khalida Toumi, doivent encore trouver leurs canaux de diffusion locaux, continentaux ou internationaux. Le cinéma a été mis au centre des manifestations majeures de l'événement d'Alger, avec la projection de 150 films africains, un colloque qui a posé une question essentielle pour la survie de la profession, à savoir : Quels modèles d'avenir pour le cinéma africain ? Il ne s'agissait pas de réinventer la roue, mais l'espoir des organisateurs était de jeter les bases d'une discussion qui aura des suites, les actes devant se joindre à la parole.

Le 7e art africain, dira le chef du département de la Culture algérienne, ne peut pas continuellement et entièrement dépendre des financements extérieurs. Il est grand temps de réfléchir à la création d'un fonds de soutien à la coproduction africaine. C'est dans ce sens que l'Algérie consent des aides (25 000 euros par projet), modestes, au regard des besoins, mais importantes, vu la situation financière peu reluisante que connaissent la plupart de nos Etats. Le pays de Houari Boumedienne se propose aussi d'organiser en 2010, en concertation avec les organisations professionnelles continentales, des assises sur le cinéma africain.


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