Alger a été la capitale des cultures africaines du 5 au 20 juillet. C'est dans la capitale algérienne que s'est tenue la deuxième édition du Festival culturel panafricain. Plus de 8 000 participants issus de 54 pays ont montré par leurs oeuvres et talents, une image positive du continent.
Famine, pauvreté, terrorisme, attentat L'Afrique n'est pas uniquement tout cela. La preuve, durant le deuxième Festival culturel panafricain qui s'est tenu en Algérie du 5 au 20 juillet, les 8 000 participants à ce grand rendez-vous continental et provenant de 54 pays, sont arrivés à donner un autre reflet de l'Afrique : une richesse culturelle inestimable.
Pendant deux semaines, des milliers de personnes parmi lesquelles des écrivains, des musiciens, des cinéastes, des comédiens, des plasticiens, des photographes, des dessinateurs, des artisans, des anthropologues, des professeurs d'universités, des journalistes ont illuminé plusieurs villes d'Algérie par leur talent et leur savoir-faire.
Le Panaf 2009, en plus de la diversité culturelle, a été marqué par l'évolution des cultures africaines durant les quarante ans d'intervalle entre deux éditions, d'où le mariage entre les traditions et les créations. Une fusion découverte tant lors de la cérémonie d'ouverture que celle de la clôture. Si des danseurs guerriers ont partagé la scène avec ceux à claquettes, le tout intercalé de défilés de mode à la cérémonie d'ouverture, celle de la clôture a été un spectacle de jeunes chorégraphes en hommage à la regrettée chanteuse sud-africaine Myriam Makeba. Cette dernière, décédée en Italie dans la nuit du 9 au 10 novembre 2008, aurait due être la marraine du Panaf.
De grandes stars
On a constaté également que des musiques et danses traditionnelles ou folkloriques ont assuré les premières parties des stars mondiales comme Kassava, Manu Dibango, Yousso N'dour, Salif Keita, Ismaël Lo, Mory Kanté ou des artistes algériens comme Cheb Khaled Un constat vécu par les autres disciplines allant du cinéma à la mode en passant par la littérature, conte, bande dessinée, théâtre
En fait, le Panaf a été un grand moment d'émotions tant pour les participants que pour les Algériens qui se sont rencontrés pour communier et tisser des liens d'amitié.
Vu l'ampleur de l'évènement, le renouvellement de l'expérience serait très enrichissant pour le continent ainsi que pour l'avenir du festival. Il est à espérer que la troisième édition ne se tiendra pas dans quarante ans.
Encadrés
Des us qui créent des polémiques
Comme son nom l'indique, le Panaf signifie également échange culturel entre les pays participants. Pourtant, certaines coutumes ont créé des polémiques et des débats. Entre autres, les danseuses centrafricaines qui dansent en toute simplicité le haut du corps nu. Cela fait partie de leur vie quotidienne. Ce qui a mis mal à l'aise de nombnreux Algériens. Deux journaux algérois ont d'ailleurs polémiqué sur le sujet.
Le cinéma africain en danger
Pour le 7e art, mise à part la promotion de la discipline par un concours de court métrage, de nombreux films africains, les anciens comme les nouveaux, ont été projetés durant le festival. Les grands noms des rencontres et colloques sur le cinéma africain, y ont participé. Entre l'acteur américain Dany Glover.
À l'issue des rencontres et débats, on a constaté que le cinéma africain est en danger. À preuve, beaucoup de salles de projection sont fermées. Les participants ont avancé comme solution l'engagement politique de chaque pays pour la promotion du cinéma africain. Il s'agit de favoriser la formation professionnalisante, d'accroître les projections en salle et de diminuer celles de la télévision.
Le Panaf a été en quelque sorte la suite du Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco) à Ouagadougou. Le film malgache a été représenté par «Tabataba» de Raymond Rajaonarivelo et «Ilo tsy very» de Solo Randrasana.
Des colloques pour l'avenir de l'Afrique
Le Panaf a été également un lieu de rencontres entre les intellectuels du continent. Seize thèmes généralement axés sur l'avenir de l'Afrique, ont été débattus durant le festival. Parmi les sujets sensibles de ces rencontres, celui sur «les entreprises coloniales et la libération de l'Afrique» et celui sur «les femmes africaines à l'épreuve du développement». Sur ce dernier point, «les femmes sont incontournables si on veut instaurer le développement. Nous sommes déjà majoritaires. Pourtant, de nombreuses cultures africaines interdisent aux femmes d'assumer leurs responsabilités pour le développement». C'est ainsi que le sujet a été résumé par Ony Schneider, directeur des arts et la promotion des artistes au ministère de la Culture
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