Kinshasa — Le gouvernement attend de la Banque mondiale un financement additionnel de plus ou moins 336 millions Usd pour la réhabilitation complète des machines d'Inga I et II, les infrastructures de transport et de distribution de l'énergie électrique, qui sont dans un état de dégradation très avancée.
Quant à la construction d'Inga III, l'exécutif congolais sollicite auprès de l'institution financière internationale une enveloppe de35 millions Usd pour finaliser l'étude de faisabilité de ce projet.
La RDC espère également voir la Banque mondiale mobiliser d'autres fonds pour la construction de ce barrage hydroélectrique et des micro-centrales à travers le pays pour l'électrification rurale. Qui plus est, le gouvernement attend de son partenaire potentiel l'assouplissement des conditions d'octroi de financement et de mise en oeuvre des projets précités.
Ces principales attentes gouvernementales ont été révélées le lundi 10 août 2009 par Laurent Muzangisa, ministre congolais de l'Energie à Robert B. Zoellick, président de la Banque mondiale, lors de sa visite sur le site de la centrale hydroélectrique d'Inga, située dans la province du Bas-Congo.
En effet, la réhabilitation d'Inga I et II, ainsi que la construction d'Inga III constituent «des projets importants pour la Banque mondiale », a déclaré à la presse Robert B. Zoellick.
RAISONS DE LA VISITE DE ZOELLICK A INGA
Le président de l'institution de Bretton Woods a fait savoir qu'il tenait absolument à visiter ce barrage hydroélectrique pour plusieurs raisons. Il s'agit notamment de se rendre compte des travaux de réhabilitation qu'entreprend la Banque mondiale avec le gouvernement de la RDC sur Inga I et II. Il devait aussi s'assurer si la Société nationale de l'électricité (SNEL) dispose d'assez de moyens pour l'entretien ou la maintenance de ses infrastructures.
Robert B. Zoellick a indiqué que sa descente sur le site d'Inga visait à s'assurer si les différents consommateurs de l'énergie électrique produite par cette centrale hydroélectrique sont solvables.
Selon les principaux indicateurs opérationnels et financiers de la Société nationale d'électricité (SNEL) présentés à cette occasion par son Adg, les difficultés qu'éprouve cette dernière notamment dans le recouvrement auprès de l'Etat et des entreprises paraétatiques, représentent 40 % du chiffre d'affaires.
Ce manque à gagner a fait dire au président de la Banque mondiale que les défis d'Inga ne consistent pas seulement à augmenter le taux de la desserte nationale de l'énergie électrique mais également à faire preuve de la bonne gouvernance dans la production de l'électricité.
La RDC dispose d'un fleuve avec un débit moyen de 42.000 m3 par seconde et son barrage hydroélectrique est le plus important gisement hydraulique au monde concentré en un même point. Cependant, seulement 6 % de sa population a accès à l'électricité.
Au regard de ce faible taux de desserte nationale, Robert B. Zoellick a estimé qu'il est impérieux et urgent d'augmenter la production de l'électricité pour la population congolaise. «D'ailleurs, a-t-il précisé, ma visite sur le site d'Inga visait également à étudier les possibilités susceptibles d'augmenter la production d'électricité à partir de la centrale d'Inga et de réaliser le projet d'Inga III ».
Pour le président de Bretton Woods, la centrale hydroélectrique d'Inga n'a pas été construite seulement pour produire de l'électricité mais aussi pour offrir de grandes opportunités d'affaires et approfondir les relations régionales. Car «l'énergie électrique produite sur le site d'Inga est utilisée pour les activités minières dans la province du Katanga, et cette centrale hydroélectrique constitue l'un des meilleurs barrages hydroélectriques en Afrique et peut servir d'un moyen pour élargir ou approfondir les relations au niveau de la région de l'Afrique centrale et australe, », a-t-il déclaré.
Selon Robert B. Zoellick, la centrale hydroélectrique d'Inga présente plusieurs défis qui prouvent à suffisance que son institution a encore beaucoup à faire. Cependant, « si la Banque mondiale fournit assez d'efforts, elle parviendra à attirer (Ndlr : dans le secteur de l'énergie électrique) plusieurs autres investisseurs vers la RDC et aidera, ipso facto, ce pays à améliorer les conditions de vie de sa population ; car tel est le souhait le ultime de mon institution », a-t-il conclu.
Le ministre de l'Energie a, pour sa part, affirmé que le partenariat du gouvernement central avec la Banque mondiale, au sujet de projet d'Inga III, est encore au niveau des études de préfaisabilités.
A ce stade, « la RDC a plus besoin de la Banque mondiale pour pouvoir mobiliser les fonds afin de réaliser ses études», a déclaré Laurent Muzangisa. Et ce, avant de reconnaître que les problèmes de ce pays en desserte nationale de l'énergie électrique sont énormes. Raison pour laquelle « le chef de l'Etat et son gouvernement sont en train de déployer assez d'efforts pour augmenter le taux de desserte nationale », a-t-il souligné.

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