Kinshasa — « Fleur effleurée » est une oeuvre cinématographique du réalisateur congolais Hervé Makiona, se rapportant à l'éducation spécialisée des personnes vivant avec un handicap. Participe à cette production, Lokua Kanza, qui s'ouvre ainsi à un nouveau monde artistique, celui du cinéma.
Contrairement à d'autres chanteurs congolais avant lui, le musicien s'illustre dans un style tout autre puisqu'il s'agit de mettre en scène des personnes vivant avec handicap.
Mais, où était donc passé Lokwa Kanza ? Le chanteur d'origine congolaise, installé en France depuis fort longtemps, s'essayait tout simplement à un autre art : le cinéma. « Fleur effleurée » est le titre du film auquel vient de participer l'auteur compositeur et interprète. Sollicité par Hervé Makiona, un jeune réalisateur congolais, le tournage du film a eu lieu dans cette partie de l'Hexagone et Lokwa Kanza, qui s'est plié au jeu, a ainsi participé à une production cinématographique mettant en scène des personnes handicapées et vivant avec ce dernier.
L'artiste musicien est le premier à s'illustrer dans ce genre cinématographique mais pas le premier chanteur congolais à se lancer dans le cinéma. En effet, avant lui, il y a eu dans la fin des années 70, début 80, Papa Wemba, Pépé Kallé et le danseur Emoro dans « La vie est belle », Félix Wazekwa, Marie Misamu, Bébé Tshanda et King Kester Emeneya, dans « Les habits neufs du gouverneur». Avec cette interprétation, Lokwa Kanza, que l'on sait très engagé, participe une fois de plus à sa façon, à la lutte contre la misère et autres maux qui minent ce monde. Une production dont la première s'est déroulée à Paris et, dont l'accueil a été des plus chaleureux. Belle initiative du réalisateur et, bon choix pour l'acteur !
Lokwa Kanza est issu de l'union d'un père congolais et d'une mère rwandaise à Bukavu, au Kivu, dans la République démocratique du Congo, le Congo-Belge à l'époque.
Très vite, la famille Kanza s'installe à Kinshasa, la capitale. Une occasion pour le jeune Pascal de fréquenter les chorales chrétiennes mais aussi de se laisser gagner par l'ambiance musicale de l'époque, dominée par des « monstres sacrés » comme Grand Kallé ou Franco Luambo Makiadi.
Initié à la musique par Ray Lema, avec lequel il collaborera, il s'inscrit au Conservatoire de Kinshasa avant de prendre la tête, à 19 ans seulement, du Ballet national de Kinshasa. Cette opportunité lui permet de joindre la formation d'Abeti Masikini, auprès de laquelle il acquiert une expérience sans précédent.
Il vit en France depuis 1984, année durant laquelle il suit un temps les cours de jazz de Pierre Cullaz à Paris. Il retrouve ensuite Ray Lema et participe à l'album « Bwana Zoulou Gang ». Il devient l'arrangeur de la star Papa Wemba, notamment sur l'album « Le voyageur ».
En 1991, il joue avec Manu Dibango, qui l'aide à lancer sa carrière solo. En octobre 1992, il fait la première partie de la Béninoise Angélique Kidjo à l'Olympia. C'est à cette époque qu'il rencontre sa choriste, la Sénégalaise Julia Sarr, et son percussionniste, Didi Ekukuan, auxquels il reste depuis indéfectiblement lié.
Déjà auteur de 4 albums qui puisent l'inspiration dans son riche bagage multiculturel et multilingue (swahili, kinyarwanda, lingala, français, anglais), il sort en 2005 « Plus vivant », album entièrement écrit en français. On y trouve le titre éponyme, chanté en duo avec Corneille.
Ses collaborations artistiques sont nombreuses. Il compose pour la diva sud-africaine Myriam Makeba et participe à la confection de la bande originale du film « Saraka Bô » de Denis Amar (1996), avec Richard Bohringer et Yvan Attal.
Il s'offre également des duos de choix, avec Jean-Louis Aubert (1995) ou Faya Tess (album collectif « Drop the Debt », 2003), et intervient auprès du collectif « Bisso Na Bisso » mené par le rappeur Passi (1999), qu'il retrouve sur son album « Toyebi Te » (2002).
En 2004, il enregistre un album co-écrit avec Gérald Toto et Richard Bona où les trois musiciens mettent en valeur leurs voix sur de magnifiques mélodies. En 2008, il travailla avec l'artiste congolais Koffi Olomidé. Il chante la chanson Diabolos en duo avec Koffi.
Dans la musique de Lokwa Kanza, les influences africaines se marient à merveille avec des textes en français ou en anglais d'une rare qualité. Le grain de voix interprète les riches mélodies avec une grande sensibilité.
Discographie (Solo) 1993: Lokwa Kanza (Universal) 1995: Wapi Yo (BMG) 1998: 3 (Universal) 2002: Toyebi Te (Universal) 2005: Plus Vivant (Universal) Collaborations 2004: Toto, Bona, Lokwa (No Format), album collégial avec les chanteurs Gérald Toto et Richard Bona 2008 : Koffi Olomidé, Bord Ezanga Kombo (Diabolos)

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