Selon l'AFP, la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a clairement exprimé, jeudi au Liberia, le soutien des Etats-Unis à la seule femme chef d'Etat en Afrique jusque-là, Ellen Johnson Sirleaf, pourtant mise en cause à Monrovia dans la guerre civile libérienne, contrairement à son chef de guerre, Charles Taylor, jugé, lui, pour un certain rôle ou un rôle certain dans leur guerre appendice en Sierra Leone ; que la Secrétaire d'Etat du premier Noir élu président des Etat-Unis d'Amérique apporte son soutien à la première Noire élue présidente en Afrique, plus est au Liberia, dit "la première colonie américaine des Noirs libérés d'Afrique", donne certainement la plus grande symbolique à cette avant-dernière étape des sept de son périple de onze jours sur le continent noir, placé sous le signe de la lutte contre la corruption et pour la promotion de la bonne gouvernance.
Et comme en sus, Ellen Johnson-Sirleaf est très appréciée par la communauté internationale pour ses efforts dans la lutte contre la corruption dans la première république indépendante d'Afrique, fondée en 1847 par des descendants d'esclaves américains affranchis, pas besoin, pour les naïfs, d'aller au-delà de ces mobiles, officiels, de la visite d'Hillary pour tomber dans ses motifs, très réalpolitik : le Liberia n'est-il pas situé sur le golfe de Guinée, dont les USA veulent importer de plus en plus d'or noir pour diminuer leur dépendance de l'autre golfe pétrolier, et ce pays où la compagnie américaine Firestone exploite la plus vaste plantation d'hévéas au monde ?
Oh, géostratégie ou stricte défense de ses intérêts égoïstes, quand tu tiens les humains. Car, que l'Amérique, qui évite publiquement en général de cautionner des dirigeants coupables, parfois même seulement soupçonnés de crimes de guerre et/ou contre l'humanité, s'affiche et fasse cause commune avec une menacée "d'impeachment", qui a reconnu, en février, avoir rencontré n fois l'inculpé Taylor et collecté pour lui des fonds lorsqu'il se préparait à renverser le président Samuel Doe dans les années 80, à l'issue d'une guerre civile qui fera au bas mot 300 000 morts, a quelque chose de renversant, d'autant plus que, n'eût été cette schizophrénique Amérique, Taylor ne serait pas un client de la CPI, et son collecteur de fonds aux affaires, celui de la diplomatie amerloch. N'y a-t-il donc pas loin, non plus géographiquement mais désormais du fait du prince à Washington, du capitole à la roche Tarpéenne ? Et puis, cordon ombilical explique peut-être, les USA ne sont-ils pas coutumièrement coupables d'interventionnisme dans leur excroissance historico-culturelle qui, la parenthèse Samuel Doe mise à part, a toujours été dirigée quasi exclusivement par la minorité des Américano-Libériens ? Qui, par la manÅ"uvre de ses bateaux de guerre dans les eaux internationales, ici au large de Monrovia, a convaincu Taylor qu'il ne lui restait plus qu'à choisir l'exil doré au Nigeria ?
Déjà, pendant la deuxième guerre mondiale, la Voice of America n'émettait-elle pas de ce pays, fondé en 1822 par la Société américaine de colonisation (American colonisation Society), qui y installa des esclaves affranchis venus des Etats-Unis et des Caraïbes ? N'est-ce pas, WEB du Bois et Marcus Garvey, chantres et chanteur du retour des Noirs en Afrique comme des Juifs à Sion ? En tout cas, dans ses bagages, Hilary a amené aux Libériens l'annonce de l'octroi d'une aide de 4,4 millions de dollars pour l'équipement du nouvel aéroport de Monrovia ; au total, Washington apporte deux milliards de dollars au Liberia pour soutenir son processus de paix.
Interrogée sur la requête de la commission vérité et réconciliation au Liberia, qui souhaite voir Ellen Johnson déchue de la magistrature suprême et sans droit d'occuper un poste officiel pendant 30 ans pour son rôle dans la guerre civile lancée par Taylor, Hillary a dit : "J'apporte tout mon soutien aux actions débouchant sur la paix, la réconciliation et l'unité au Liberia". "Vous avez une chance de prendre position contre le passé et pour un avenir digne de votre sacrifice", a dit Mme Clinton au Parlement, qui lui a réservé un standing ovation ; le tout est de savoir si c'est par adhésion à l'appui tacite de Washington à une Sirleaf au creux de la vague de l'impeachment ou pour, à tout seigneur tout honneur, sauf peut-être.
Ce ne sont pas les dizaines d'écoliers qui, à l'occasion du passage d'Hillary devant leurs maisons ont enduré la pluie pour se réjouir, encore une fois, devant la Blanche Mme Clinton, de l'élection en novembre du premier président américain noir, Barack Obama, qui nous infirmeront que quand on accueil bien Hillary, c'est peut-être pour manifester sa joie qu'un Noir soit son patron.

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