Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Diversité et cohésion nationale - Le Sénégal se cherche dans sa culture

Le Réseau Des Acteurs Socioculturels Du Sénégal s'est rencontré vendredi 14 Août dans l'enceinte de la maison de culture Douta Seck autour du thème : « Diversité Culturelle et Cohésion Nationale ». Il s'agissait ainsi de débattre et de démontrer tout ce qui constitue le ciment social de notre peuple composé d'une mosaïque de réalités culturelles.

Au cours de la cérémonie, Haal Pulaar, Mandingues, Wolofs, Bainounck, Laobé, Maures, Sérères, Bassaris, Diolas, Dialonkes, Mankagnes, Manjack, et Balantes se sont illustrés à travers les différentes facettes de leur culture. Les griots Haal Pulaar nous ont gratifié de leur célèbre danse « le Yéla ». Les Mandingues se sont quant à eux illustrés, de par la kora, qui dans leur culture demeure un instrument incontournable. La fameuse danse « Ndaw Rabine » de la communauté Léboue n'était pas en reste. Au même moment les rythmes des tambours ne cessaient de résonner en attendant l'arrivée de la délégation ministérielle.

Outre les rythmes folkloriques, la conférence animée par le professeur Masséne Séne aura également, retenu l'attention de plus d'un. En effet une heure durant, le professeur s'est prononcé sur le thème « Diversité Culturelle et Cohésion Nationale ». A l'entame de son exposé, le professeur dira que la pluralité de la race humaine est une des illustrations parfaites de la diversité (Noirs, Jaunes, Métisse, Blancs). Dans cette multitude de races s'opère encore une autre diversité. Certains sont plus grands de taille et d'autres plus forts physiquement.

Malgré la couleur de peau qu'ont de commun certaines races, les hommes sont répartis en plusieurs ethnies. S'inscrivant toujours dans une logique d'illustration, le professeur dira que « la terre constitue le lieu où la vie a pu éclore, mais la diversité se vérifie par les différentes planètes existentielles (Pluton, Jupiter, Mars, Uranus, Neptune, Terre, Saturne) ». Dans son exposé, le professeur a cependant reconnu que la diversité nécessite deux éléments de base : la pluralité et la différence. D'ailleurs d'éminents hommes africains l'ont trop tôt compris.

A titre d'exemple, il évoquera l'accession de Léopold Sédar Senghor à la magistrature suprême du Sénégal. Bien que ce dernier soit chrétien dans un pays composé à quatre vingt quinze pour cent de musulmans. Il fut soutenu par des dignitaires musulmans. Ainsi, selon lui, Khalifa Ababacar Sy, Serigne Fallou Mbacke, Thierno Seydou Nourou Tall avaient appelé à voter pour le candidat Senghor.

Et de rappeler : « C'est ce même souci avant-gardiste de veiller au maintien de la diversité des obédiences culturelles et religieuses, qui a convoqué en 1236, les assises de Kagan dans l'empire du Mali ». Dans le même élan, le professeur a reconnu que « l'acceptation d'autrui dans sa vision globale n'est pas toujours chose aisée, même si elle s'avère cependant indispensable pour le maintien de la cohésion sociale ».

Le professeur poursuit son discours en ces termes : « Partout où l'on a refusé d'assumer la diversité, il s'en est souvent suivi des affrontements. Le cas de l'Allemagne sous le règne Nazi et celui du Rwanda avec les Hutus et les Tutsis sont des exemples patents ». M. Sene, s'est par ailleurs félicité du climat de tolérance qui prévaut dans notre pays. Pour exemple, il citera les cousinages à plaisanterie. Sous un ton empreint de railleries, il reprochera un certain langage d'exclusion observé chez le Wolof.

Quand celui-ci nomme le Sérère sous l'appellation de « sama * sérère » (mon sérère). Avant d'affirmer en plein sourire, qu'on peut toutefois réduire ceci aux défaillances linguistiques. Pour preuve, quand ce même Wolof nomme ses proches il dira « sama yaye* » (ma mère), « sama pape* » (mon père), « sama rak* » (mon petit frère ou petite-soeur). C'est dire que, tout dépend de la réelle intention qui connote cette désignation.

Auparavant, le professeur Balla Moussa Daffe, en sa qualité de président de l'association a souhaité la bienvenue à l'ensemble de l'auditoire. Dans son allocution, il dira que l'organisation qu'il dirige a pour mission « de protéger, de valoriser et de promouvoir toutes les cultures Sénégalaises ». A la suite de M. Daffe, Dr Mamadou Léye, Ministre de la Culture et de la Francophonie a salué « l'intelligente passion de militantisme culturelle dont fait montre cette organisation ».

Selon le ministre, « ce genre d'initiative permet de sauvegarder nos valeurs les plus authentiques et d'harmoniser la jonction familiale en consolidant les liens sociaux ».

(Stagiaire)


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