Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: J-P Bemba libre...mais sans pays d'accueil

C'est le vendredi 14 août 2009 que les juges de la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) se sont prononcés en faveur de l'octroi de la liberté provisoire à Jean-Pierre Bemba.

Maintenant, il se pose le problème de lui trouver un pays d'accueil. Pour rappel, six pays dont cinq de l'Espace Schengen étaient sollicités par la Cpi pour accueillir Jean-Pierre Bemba où cas où il obtenait la liberté provisoire. Si l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, les Pays-Bas et le Portugal, avaient émis des réserves, la République Sud-africaine a plutôt sollicité une prolongation du délai de réflexion. Dans l'attente d'un avis favorable, Le Phare a appris qu'après l'annonce de la décision des juges, quelques pays européens parmi ceux sollicités seraient prêts à revoir leur position. Selon la greffière de la Cpi, Mme Sylvana, interrogée par la radio Okapi, vendredi dans la soirée, les pays signataires de la Convention de Rome ont l'obligation de coopérer avec la Cpi au cas où ils sont sollicités par la Cour sur un dossier. La position de ces pays ne pourra être connue que dans la semaine allant du 7 au 14 septembre 2009.

L'acharnement d'Ocampo étonne ! Pour sa part, le procureur de la Cpi a immédiatement fait appel contre la décision des juges octroyant la liberté provisoire au sénateur congolais, estimant que compte tenu des griefs lui reprochés, l'ex-chef de guerre du Mlc doit à tout prix demeurer en prison, avant d'être jugé. Et ce n'est pas la première fois que Luis Moreno Ocampo a une réaction contraire à la décision des juges. Au début de cette année, lorsque les juges avaient déclaré n'avoir pas de preuves suffisantes pour confirmer les charges retenues contre Jean-Pierre Bemba, le juriste argentin avait interjeté appel, soutenant qu'il en détenait et pas des moindres.

Toutefois, à suivre la détermination affichée par la greffière Sylvana, il est permis de croire que la Cour a sa conviction, dans l'affaire Bemba. A cette étape, nombre d'observateurs notent un certain acharnement du procureur qui, jusqu-ici, donne l'impression de faire cavalier seul par une attitude laissant accréditer la thèse de ceux qui l'accusent de vouloir politiser l'affaire. François Muamba réagit à chaud ! Quelques heures après la décision des juges, le Secrétaire général du Mlc a fait le rappel de ses « troupes » pour annoncer dans une déclaration politique, brève et concise, sous les applaudissements nourris de ses camarades du Mlc, que la Cpi venait de se prononcer en faveur de la liberté provisoire de leur président national.

Après avoir loué Dieu et les ancêtres, F. Muamba a appelé les cadres et militants du Mlc (au pays et à l'étranger) à fêter l'événement dans la discipline et la paix, en se disant confiant en la justice. Mais cela en insistant sur le fait que le procès de Bemba est politisé, avant de formuler le voeu de voir les juges de dire le droit comme ils viennent d'en faire la démonstration. Parmi les cadres du Mlc présents au siège, citons Adam Bombole, Constantin Ndom Nda Ombel, Eugène Kabongo, Fidèle Babala, Lucien Busa, etc. Il y avait aussi des leaders alliés du Mlc parmi lesquels Jean-Pierre Lisanga Bonganga, Médard Mulangala, etc.


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