Fasozine (Ouagadougou)
Roger Niouga Sawadogo
18 Août 2009
Ce mardi 18 août 2009, il était encore plus difficile de circuler sur l'avenue 56, dans l'arrondissement de Baskuy, réputée pour ses nids-de-poule et ses crevasses. Dès les premières lueurs de la matinée, les riverains de cette voie, l'une des plus anciennes de la capitale, ont décidé d'y interdire toute circulation, afin d'exiger la réfection de cette route complètement dégradée.
Branches d'arbres, briques, métaux divers et troncs d'arbres jonchent ce tronçon, rendant difficile tout déplacement. Aux abords, des badauds excités et des riverains. «Il ne se passe pas un seul jour sans qu'un accident ne se produise. Ces accidents sont causés généralement par l'état de délabrement de la voie», explique Mahamadi Zongo, un riverain. Et Romain Ouédraogo, responsable d'un studio de photographie implanté au bord de la voie, de révéler les causes de ce soulevement«Une dame s'est fracturée le genou avant-hier. Les jeunes ont trouvé que c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Aussi ont-ils bloqué la circulation sur cet axe».
Nos interlocuteurs ont expliqué que c'est irrité par la sourde oreille des autorités de l'arrondissement, que les jeunes du quartier ont décidé de manifester. «Nous avons signifié à la police que nous n'en voulons pas aux biens publics. Nous souhaitons que les autorités compétentes refassent la voie ou à défaut qu'elle soit réparée. Une chose est claire, nous ne voulons plus de ce "goudron"», ajoute Mahamadi Zongo. Pour lui, l'état de cette voie est d'autant plus déplorable que c'est elle que les femmes enceintes doivent emprunter pour accéder à la maternité Pogbi. «L'ambulance est obligée de vivre le calvaire dans ses différents déplacements. Et ce sont des vies humaines qui sont en danger. Nous n'en pouvons plus», affirme t-il.
Les populations riveraines ont décidé de maintenir les obstacles sur cette voie jusqu'à ce que les autorités compétentes trouvent une solution. En attendant, ce sont les usagers qui vivent le martyre. Notre confrère Hamed Nabalma, de Radio Salankoloto, de retour d'un reportage n'a pas échappé au calvaire. «C'est une voie que j'emprunte régulièrement, mais elle est méconnaissable ce matin. J'espère que les autorités compétentes feront quelque chose», nous lance t-il. Jusqu'en fin de matinée, les barrières étaient toujours érigées sur cette voie.
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