Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Signe de sortie de crise financière - Martin Kabwelulu : « Le secteur minier congolais est en pleine restructuration »

Kinshasa — Les effets de la crise financière sur le secteur minier congolais sont en train de s'estomper avec la remontée actuellement observée des cours des substances minérales. Le ministre des Mines, Martin Kabwelulu l'a fait savoir à la journée minière organisée le lundi 17 août à la Fikin.

« La problématique de la crise financière internationale et les axes de la refondation du secteur minier », tel a été le thème abordé par le ministre des Mines, Martin Kabwelulu lors du débat marquant la journée minière qui a eu lieu le lundi 17 août 2009 à la Fikin. Dans son allocution, le ministre des Mines souligne que le secteur joue réellement le rôle de fer de lance de l'économie en RDC. Ainsi, les services du ministère des Mines seront déployés à tous les niveaux de production et de commercialisation afin d'assurer l'effectivité de l'Etat et permettre d'atteindre ces objectifs.

Au préalable, Martin Kabwelulu a rappelé la genèse de la crise financière. Il a fait savoir qu'en RDC, les effets de la crise ont été très vite ressentis dans la mesure où c'est l'activité minière qui est la locomotive de l'économie nationale. L'approvisionnement du pays en devise étant assurée principalement par les ressources provenant du secteur minier.

Selon le ministre des Mines, le secteur minier congolais est en pleine restructuration. La crise financière internationale l'a frappée par surprise. Et ce, du fait de la chute brutale et drastique des cours de la plupart des substances minérales dont la RDC considérée comme un important producteur. La mévente enregistrée pour certains produits a induit au réflexe de prudence. De nombreux investissements ont dû être différés, ou encore annulés.

Face aux répercussions de la crise, les entreprises ayant accompli l'ensemble du processus tel que fixé par le Code minier jusqu'à l'implantation des industries subissent modérément les effets de la crise. Ces entreprises disposent d'un cash-flow permettant de résister. Tandis que celles installées à la suite de la mouvance des cours élevés, souvent sans études de faisabilité réaliste, ont subi le plus dur coup de la crise. «Au Katanga, par exemple, sur 75 sociétés, 42 ont fermé momentanément. Le reste s'étant débattu entre la réduction des activités et la fermeture pure et simple», a souligné le ministre. Martin Kabwelulu a également indiqué que ces entreprises sont caractérisées par l'achat de produits miniers provenant de l'exploitation artisanale. Rebond d'activités minières

Le ministre a fait savoir qu'à ce jour, des sociétés rouvrent avec une tendance positive. Le ministère des Mines, en collaboration avec d'autres ministères impliqués dans ce secteur, a pris un train de mesures d'encadrement. Il s'agit, entre autres, de l'extension du régime fiscal et douanier du Code minier aux entités de traitement ou de transformation. La réduction sensible des taux de redevance annuelle anticipative et de la caution profit de ces entités est également prévue. Le gouvernement a aussi procédé à l'allégement fiscal, notamment la baisse des droits de sortie du diamant de 4% à 1,25%, etc.

Le ministre note également que les effets de la crise financière internationale sur le secteur minier congolais sont en train de s'estomper. La remontée actuellement observée des cours des substances minérales y a joué un rôle de levier.

Le ministre des Mines a, en outre, souligné que bien avant cette crise, le gouvernement a commencé à revisiter tous les contrats miniers signés par les entreprises publiques et d'économie mixte dans le cadre d'une réelle refondation du secteur. Le but poursuivi est d'apporter une contribution optimale à la croissance et au développement du pays. «A ce jour, le processus de revisitation des contrats est presque à son terme, car des 63 contrats concernés au départ, un seul fera l'objet de négociations ultimes dans les prochains soixante jours», a-t-il précisé.

Restant dans le cadre de la refondation du secteur minier, le gouvernement a adopté un plan de stabilisation de l'Est de la République. Le volet minier a été lancé le 1er juillet à Goma au cours d'un atelier ad hoc. Dans cette perspective, le gouvernement a pris des mesures visant essentiellement un meilleur contrôle des ressources minérales. La traçabilité accrue et la restauration de la filière or, Etain-nobium-tantale seront des outils de contrôle appropriés. En définitive, une intégration nationale et sous-régionale par un développement harmonieux du secteur minier et un développement harmonieux communautaire induiront une réduction sensible de la pauvreté.


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