Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: RD Congo - FMI - point d'achèvement en juin 2010 !

La célébration du cinquantenaire de l'indépendance de la République Démocratique du Congo pourrait prendre un relief tout spécial avec l'atteinte, par le gouvernement congolais, du « Point d'Achèvenement de l'Initiative PPTE » (Pays Pauvres Très Endettés).

C'est ce cadeau, soutient-on dans les couloirs de la Primature, que le Président Kabila et le Premier ministre Adolphe Muzito se sont engagés à offrir au peuple congolais. Car, cette performance va être assortie d'une « prime spéciale » archi-connue, à savoir l'effacement de la dette extérieure du pays à hauteur d'environ 90%, soit près de 9 milliards de dollars américains.

Le sentiment de réussir ce gros pari s'est accru à l'issue de fructueux échanges qu'a eus hier le chef du gouvernement, dans son cabinet de travail, avec une délégation d'experts du Fonds Monétaire International, conduits par Brian Ames, Chef de Division au Département Afrique de cette institution financière. Présents à Kinshasa depuis dimanche, ces «limiers » de la haute finance ont donné leur quitus, au vu de la bonne tenue des paramètres macro-économiques, à la conclusion du second Programme Economique du Gouvernement (PEG 2). Ce module, indique-t-on, est soutenu par le Fonds Monétaire International dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC).

En attendant, l'effort de mobilisation des ressources internes et de la compression des dépenses doit être maintenu. La « tolérance-zéro » est plus que jamais requise dans les services publics de l'Etat- la magistrature et la Fonction Publique ont déjà connu leurs lots de « bons » et « mauvais points »- mais aussi dans les régies financières, les « sociétés commerciales » et « établissement publics » relevant du Portefeuille de l'Etat, les secteurs miniers, forestiers et autres. En gros, la RDC doit se faire violence pour ne pas rater les dividendes de l'Initiative PPTE, qui a le double avantage de la libérer des contraintes d'une dette extérieure qui la déleste chaque mois d'environ 40 millions de dollars et de booster son développement à travers le recyclage des ressources additionnelles à dégager de la fin du cycle infernal de l'endettement.

Plus de nuages entre Kinshasa et le FMI

Le virage décisif que vient de négocier la RDC sur « l'autoroute » devant la conduire au Point d'Achèvement de l'Initiative PPTE est largement tributaire de la volonté du Chef de l'Etat et de son Premier ministre de ne pas priver le peuple congolais de l'aubaine de l'effacement du lourd fardeau de la dette extérieure héritée d'une mauvaise gouvernance, laquelle remonte aux années '70. A en croire les observateurs, les avancées engrangées depuis le mandat d'Antoine Gizenga, premier « commandant » de l'équipe ministérielle issue des alliances nouées à l'occasion du processus électoral de 2006, avaient été considérablement rongées par les turbulences provoquées par les contrats chinois. Au niveau du FMI particulièrement, la crainte d'un nouveau cycle d'endettement pour la RDC était si forte qu'aucune des garanties présentées par la partie chinoises quant au risque « zéro » en la matière ne pouvait être prise en compte.

Afin de ne pas donner l'impression de vouloir absolument se détourner de ses partenaires traditionnels et de saborder ses engagements avec eux, notre pays a dû se plier à l'exercice exigé à cor et à cri par ceux-ci, en reprenant langue avec le gouvernement chinois en vue de la révision, avec l'assistance des experts du FMI, de certains termes du contrat sino-congolais, en ramenant notamment de 9 milliards à 6 milliards de dollars, la hauteur du financement des produits miniers à mettre en gage par la RDC.

Adolphe Muzito aura eu le mérite de renouer le dialogue, sérieusement compromis en fin d'année dernière, entre l'Etat congolais et le FMI, avec en prime la visite de son Directeur Général, Strauss Khan, en mai 2009 à Kinshasa. La franchise mais aussi la brutalité ayant marqué les entrevues entre l'un et l'autre ont permis de briser la glace et de recadrer le partenariat entre la RDCongo et cette institution de Bretton Wood. Ainsi, rien n'empêche désormais le peuple et ses gouvernants de rêver d'un atterrissage en douceur sur la plate-forme du Point d'Achèvement à l'horizon de juin 2010.

En fait, le feu vert au Peg est impatiemment attendu en septembre, à l'occasion de la réunion annuelle de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire Internationale prévue à Istanbul, en Turquie. Peu avant, le Club de Paris va réexaminer la configuration de la dette extérieure congolaise en vue de confirmer, le moment venu, l'option de son annulation.


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