Les obstacles majeurs qui avaient longtemps maintenu les contrats chinois au feu orange du FMI, et suscité des commentaires en sens divers, ont été enfin levés par la RDC et la Chine, sur recommandation de cette institution de Bretton Woods et de certains bailleurs de fonds du gouvernement congolais.
Après que des amendements aient été apportés au projet de coopération sino-congolaise et le retrait de la garantie du gouvernement sur le projet minier, le Fonds monétaire international vient d'accorder son feu vert aux contrats chinois. Telle est la quintessence de la déclaration de Bryan Aimes, chef de mission Afrique du FMI, faite hier soir à la presse, à l'issue de sa mission de neuf jours à Kinshasa.
Au cours de son point de presse co-animé avec le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu, Bryan Aimes a indiqué que sa mission est parvenue à un accord sur les politiques économiques et financières pour le reste de 2009 et 2010 compatibles avec les objectifs du gouvernement congolais sur la promotion de la croissance, la réduction de l'inflation et la reconstitution des réserves de change fragilisées par la crise financière internationale. Cette première étape franchie, il appartient maintenant aux services du FMI de confirmer au terme d'une étude, que l'accord révisé est compatible avec la viabilité de la dette. Ensuite, une évaluation sera faite au bout de six mois. Si elle est concluante, l'exécutif congolais pourra solliciter des assurances financières pour son programme économique auprès des créanciers du Club de Paris.
C'est à cette occasion que le conseil d'administration du FMI pourra alors examiner la demande d'un nouvel accord triennal au titre de la Facilité de réduction de la pauvreté et de la croissance. Bryan Aimes a rappelé par ailleurs, la conjoncture économique difficile au cours de laquelle se sont tenus ses entretiens avec les autorités congolaises, conjoncture marquée par les retombées de la crise financière internationale, l'effondrement des cours de matières premières et la détérioration des termes de change au quatrième trimestre 2008. Notre pays a bénéficié du FMI, une aide financière d'urgence de ses partenaires au développement, dont 200 millions de dollars pour faire face aux chocs exogènes. Le chef de mission Afrique du FMI a noté par ailleurs que les réserves officielles brutes se sont ainsi redressées après une baisse aux faibles niveaux historiques. Durant le premier semestre 2009, la croissance a été faible du fait du ralentissement de l'activité dans le secteur minier et les BTP. En avril, l'inflation a atteint un maximum avec un taux annualisé de 100 % et le taux de change s'est déprécié de 45 % au cours de la même période.
Et depuis, l'inflation s'est tassée et le taux de change s'est stabilisé. Pour le reste de 2009, la mission est parvenue à une convergence des vues avec les autorités congolaises sur un ensemble de politiques et de cibles conformes à leurs objectifs économiques. Le gouverneur de la BCC a évoqué à cette occasion, les efforts déployés par le gouvernement et certains services de l'Etat qui ont travaillé d'arrache-pied pour parvenir à cet accord. Tous les obstacles étant levés, d'ici le 15 septembre, la RDC aura une réunion avec ses différents partenaires. Le 21 septembre, l'équipe du FMI fera son rapport au conseil d'administration et c'est lors de ce conseil que sera décidé le programme formel avec le gouvernement congolais.
Sur le plan budgétaire, Jean-Claude Masangu a indiqué que l'ordre vient d'être instauré, et a formulé le voeu que cet effort soit maintenu, avant d'ajouter que le programme formel avec le FMI sera conclu pour un financement de 10 milliards de dollars. Grâce à cette discipline, les dépenses extrabudgétaires, entraînant le financement monétaire sont suspendue, avec la mise en place d'un nouveau système qui comprend la catégorisation, la priorisation et la hiérarchisation des dépenses en respectant le plan de trésorerie hebdomadaire. Une commission de suivi a été créée au niveau du gouvernement, tandis qu'à la Primature, une cellule spéciale sera chargée du suivi de la gestion des ressources financières.

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