Kinshasa — Entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Gouvernement, le partenariat sino-congolais sur lequel la RDC et un consortium d'entreprises chinoises se sont liés pour près de neuf milliards de dollars américains n'est plus ce sujet qui fâche. En effet, au terme de leur séjour de plus d'une semaine à Kinshasa, les experts du département Afrique du FMI sont parvenus à un compromis sur ce point précis.
La grande nouvelle est que le gouvernement a revu à la baisse ses ambitions, renonçant à une partie d'entre elles. Par ce fait, la RDC a, entre autres, mis une croix sur un projet d'infrastructures de trois milliards et décalé sa garantie à un projet similaire pour 25 ans.
Dans le nouveau montage financier, approuvé par les experts, en attendant « l'avis de non objection » de son Conseil d'administration qui se réunit fin septembre prochain, la RDC a été bien obligée - certes, malgré elle - d'annuler sa garantie commerciale dans le projet minier subséquent au partenariat négocié avec la Chine.
Là n'est pas le problème. Le plus dur reste à faire dans cette voie périlleuse du point d'achèvement de l'initiative d'annulation de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
Plus de doute certes, sur l'accord formel qui doit lier au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) la RDC et le FMI. Cependant, avant d' y parvenir, la RDC doit passer par l'épreuve de Paris où l'attendent le 15 septembre prochain, ses créanciers membres du Club de Paris. Il s'agit, pour les autorités congolaises, de « solliciter les assurances financières pour leur programme auprès des créanciers du Club de Paris ». Bref, négocier de nouvelles échéances sur les services de la dette échue eu égard aux points inscrits dans le programme en négociation.
Le problème est que le FMI, institution multilatérale qui fait d'office d'intermédiation entre le débiteur et le créancier, ne peut pas négocier en lieu et place de la RDC. C'est donc au gouvernement congolais, avec « des arguments massues, séduisants et rassurants », de dénouer seul cette situation pour relancer la machine, encore en état de toussotement, au regard de bonnes nouvelles de dernières négociations de Kinshasa.
C'est à Paris que se trouve le dernier verrou sur ce chemin escarpé du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Comment ne pas s'en convaincre lorsque le Conseil d'administration du FMI s'est dit prêt à examiner « rapidement » la demande d'un nouvel accord triennal au titre de la FRPC ? C'est la preuve que la suite est conditionnée par l'attitude qu'adopterait Kinshasa. Sur ce point précis, le gouverneur de la Banque centrale du Congo a vu juste lorsqu'il a déclaré mardi dernier que « du côté budgétaire, l'ordre a été mis pour qu' une fois en programme avec le FMI, on maintienne le cap ». Plus direct, il a indiqué que le sujet doit être débattu en Conseil des ministres pour que « ceux qui sont indisciplinés en matière budgétaire sentent la pression ».
L'atteinte au point d'achèvement doit désormais être un challenge national ; celui autour duquel tout le monde doit se liguer pour le seul intérêt de la RDC et non celui d'une quelconque formation politique. Pire encore « d'un très petit groupe de profiteurs » que Mme Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, a dernièrement dénoncé lors de son passage en RDC.

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