Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Conclusion du PEG 2 - Le oui mais du Fonds monétaire international

Kinshasa — Le gouvernement et les experts du département Afrique du Fonds monétaire international dépêchés à Kinshasa du 10 au 18 août 2009 ont conclu favorablement leur discussion sur le nouvel accord formel qui doit lier pour trois ans (2009-11) la RDC au Fmi.

Brian Ames, chef de division au département Afrique du FMI qui conduisait cette délégation, et le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, ont mardi dernier exprimé leur satisfaction du fait de l'aboutissement « heureux » de ces longues négociations.

Toutefois, si la RDC a gagné la bataille, elle n'a pas pour autant remporter la guerre. Deux épreuves attendent encore le Gouvernement dans le dernier virage qui donne au second Programme économique du gouvernement (PEG 2) soutenu par le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).

C'est à Paris que se joue le premier acte le 15 septembre prochain où se tient une réunion avec les créanciers traditionnels du club de Paris. Il s'agit pour les autorités congolaises de solliciter les « assurances financières » de ce groupe des créanciers - le plus important dans l'enveloppe totale de la dette extérieure de la RDC - en vue d'obtenir des échéances compatibles avec les options de politiques économique et financière contenues dans le PEG 2.

Deuxième acte, le 21 septembre 2009 avec la réunion du Conseil d'administration du FMI qui devra finalement se décider de l'entrée en programme formel de la RDC avec cette institution. Pour se prononcer sur le sujet, le Conseil entend se référer notamment sur l'accord révisé sino-congolais, prenant en compte les « amendements » y apportés et son impact sur la viabilité de la dette.

De ces amendements, les plus importants concernent l'abandon par l'Etat congolais de la garantie commerciale sur l'investissement minier prévu dans l'accord sino-congolais et la mise en veilleuse du deuxième volet des projets d'infrastructures prévu pour environ trois (3) milliards Usd. Sur le premier volet infrastructures (trois milliards Usd), la garantie de l'Etat est maintenue, mais ne démarre qu'après 25 ans de mise en oeuvre.

Le Conseil d'administration du FMI prendra également en compte les réponses des créanciers du Club de Paris à la requête du Gouvernement congolais. Ce n'est qu'au terme de ces deux étapes cruciales qu'il « pourra alors rapidement examiner la demande d'un nouvel accord triennal au titre de la FRPC ». C'est vrai que la RDC n'est pas loin du but, mais le Gouvernement n'a aucune raison de dormir sur ses lauriers se disant, malencontreusement, avoir fait l'essentiel.

Car, la finalité d'un nouveau programme formel avec le FMI reste et demeure l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE. Or, parvenir à une annulation de la dette implique inévitablement la prise en compte du point de vue des créanciers du Club de Paris. C'est que le FMI appelle « assurances financières ».

Le FMI ne peut pas les donner, car ne relevant pas de sa compétence, lui qui ne sert que d'interface entre les pays débiteurs et ses créanciers suivant les options définies dans l'initiative PPTE. C'est à Kinshasa de convaincre ses grands créanciers du Club de Paris. D'où, l'intérêt de ne pas minimiser la réunion de Paris. C'est des réponses de ce groupe des créanciers que dépendra, pense-t-on, la décision du Conseil d'administration du FMI.


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