Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Coopération militaire Washington/Kinshasa - Africom en RDC

Kinshasa — Le Commandement militaire des Etats-Unis en Afrique (Africom) basé à Stuttgart (Allemagne) est en train de chercher un pays disposé à abriter son siège sur le continent. Si jamais la RDC serait pressentie pour ce faire, cela pourrait susciter un débat intéressant sur la mission dévolue aux FARDC. Aujourd'hui que l'on enregistre des échos encourageants à partir de l' Est du pays, il y a lieu de bien examiner cette question pour renforcer le processus de la réforme des FARDC.

Le Centre américain pour les relations civils-militaires organise, du 21 au 25 septembre 2009 à Kinshasa, une « conférence sur les relations entre les médias et l'armée dans une société démocratique » avec 3 instructeurs venus des Etats-Unis d'Amérique. Vont y participer, 36 journalistes, 10 membres des FARDC et de la Police nationale congolaise ainsi que 4 parlementaires (députés et sénateurs). La conférence vise, selon l'organisateur, à « améliorer la cohabitation entre les forces armées et les médias, améliorer le soutien entre le parlement, le média et l'armée, renforcer la collaboration entre les institutions civiles et militaires de la RD Congo, envisager un avenir meilleur ».

Elle intervient 60 jours après la signature d'un accord de coopération militaire RDC-USA au mois de juin et 4 mois après le passage du général américain William Ward à Kinshasa, le 24 avril 2009. Commandant de l'Africom créé en 2007 par George Bush alors président des Etats-Unis, il a annoncé que la coopération de son pays avec la RDC serait opérationnelle à partir de l'exercice 2010, à travers deux programmes de partenariat avec les FARDC.

En leur qualité de « premier contributeur financier de la Monuc», les Etats-Unis, dont Africom est le « responsable administratif de l'armée américaine en appui de la diplomatie du gouvernement des Etats-Unis en Afrique, y compris les relations intra-militaires avec 53 pays africains », ne feront pas la moue s'ils peuvent utiliser certaines bases stratégiques, Kamina (Katanga) et Kitona (Bas-Congo) pour y installer leurs bases.

« La RDC est un pays important en Afrique, nous voulons l'aider à gagner davantage de stabilité, c'est aussi l'intérêt de la région tout entière. Mais, nous n'avons pas de projet pour établir des forces en permanence sur le sol congolais », a indiqué le général Ward à l'issue de son entretien avec le président Joseph Kabila. Il a indiqué qu'un programme d'« assistance médicale militaire », Medflag, va contribuer à la formation d'officiers et l'amélioration des communications au sein des FARDC.

C'est à cette « stabilité » et à la restauration de l'autorité de l'Etat que s'attellent présentement les FARDC, soutenues par la Force de la Monuc, dans les provinces du Kivu et en Ituri (province Orientale).

DES FARDC PUISSANTES, SANS LA MONUC

Si une base américaine en RDC « signifierait, selon certains analystes, que des aventuriers de tous bords ne viendraient pas tuer et voler au Congo », il n'en reste pas moins vrai que la défense et l'intégrité du territoire congolais doivent être assurées par les FARDC. Leurs récentes victoires retentissantes sur les groupes armés et les rebelles étrangers dans l'Est du pays doivent inciter le gouvernement à accélérer la mise en place d'une armée républicaine puissante et dissuasive.

Et, quoique comptant sur le soutien de la Monuc et l'expertise des pays amis (France, Belgique, Etats-Unis, Chine, Afrique du Sud, Angola, etc.), il importe que les FARDC forment un corps uni, républicain, constitué d'officiers compétents et de soldats aguerris dotés d'une logistique conséquente.

Dans quelques mois, peut-être fin 2009, la Monuc va entamer le retrait de ses troupes, estimées à 17.000 hommes, et son matériel militaire dont l'apport s'est révélé capital dans les opérations militaires en cours contre les rebelles rwandais au Nord et au Sud-Kivu.

Députés et sénateurs feraient oeuvre utile en prenant en compte, dans le budget de l'exécutif 2010, l'ensemble des exigences liées à la restructuration des FARDC, de la Police nationale congolaise et des services de sécurité. Car, aucune structure militaire, fût-elle Africom, ne peut remplacer les FARDC dans la mission de défendre l'intégrité du territoire national et les frontières.

Aussi, est-il important, dans le cadre de cette coopération militaire entre les Etats-Unis et la République démocratique du Congo, d'impliquer les institutions nationales pour plus de crédibilité et plus d'engagement politique. Au moment où l'on observe des signes évidents d'un retour certain de la RDC sur le devant de la scène régionale, pourquoi pas internationale, de par sa position géostratégique, le moment est venu de solidifier les socles des institutions de la République. Notamment, les FARDC, en ayant toujours à l'esprit l' installation des institutions fortes, comme le disait si bien à Accra, le président Barack Obama, dans son discours à l' Afrique, l' invitant à se prendre en charge.

Que l'AFRICOIM ait choisi la RDC pour donner un coup d'envoi d'un partenariat positif, dans le cadre de la coopération militaire, cette opportunité ne peut être négligée. Pour une RDC forte, avec une armée professionnelle et performante.


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