Kinshasa — Apparemment, les obstacles à la mise en oeuvre de la convention sino - congolaise ont été vidés. Entre les institutions de Bretton Woods (Fmi et Banque mondiale), la RDC et la Chine, l'heure est à la revisitation de certains termes des contrats chinois. Une importante délégation congolaise séjourne actuellement en Chine pour sceller, sous forme d'un avenant, les amendements apportés au partenariat initial.
Cependant, la suite du partenariat révisé réserve bien des surprises, pour autant qu'il s'agira de voir comment « partager le gâteau » entre les traditionnels partenaires de la RDC et le nouveau venu dans le cercle, en l'occurrence la Chine. Une importante délégation congolaise séjourne actuellement en Chine. L'objectif est de convenir le mode d'application des contrats chinois, après le compromis intervenu entre les institutions de Bretton Woods, la partie Chinoise et la République démocratique du Congo.
En effet, lors du dernier passage à Kinshasa des experts de son département Afrique, le FMI a formellement reconnu la volonté de revoir certaines clauses du contrat conclu avec la Chine.
« Les autorités (Ndlr : congolaises) ont indiqué que leurs partenaires ont accepté les amendements concernant le projet d'accord de coopération sino-congolais y compris le retrait de la garantie du gouvernement sur le projet minier », relevait le FMI dans sa déclaration de fin de mission en RDC.
Cependant, la levée par le FMI du dernier bouclier qui obstruait encore le chemin menant à la conclusion d'un nouvel accord avec la RDC ne résout pas tous les problèmes. Elle en crée peut-être d'autres qu'il faudra élucider dans les tout prochains jours.
Au terme de la dernière mission du FMI à Kinshasa, il s'est dégagé une identité de vues, spécifiquement sur les contrats chinois, avec notamment l'abandon par l'Etat congolais de sa garantie commerciale sur le projet minier rattaché à ces contrats. Après des entretiens que le président de la Banque mondiale a eus avec les responsables chinois, ce point d'achoppement a été évacué. Toutefois, il revient, pense-t-on, à la République démocratique du Congo et la Chine de revoir certains termes d'accord pour que tout soit compatible avec le service de la dette.
C'est ainsi que ces derniers temps, les deux parties, sous l'oeil vigilant de la Banque mondiale, apportent des amendements nécessaires pour que le dossier RDC passe, avec succès, l'épate du prochain Conseil d'administration du FMI, prévu fin septembre 2009. Mais, avant d'y arriver, Kinshasa doit se mesurer à l'épreuve de Paris où l'attendent le 15 septembre 2009 ses créanciers traditionnels du club de Paris.
Sur ce point précis, le FMI notait dans sa déclaration que « une fois que les services du FMI auront confirmé que l'accord ainsi amendé est conforme à la viabilité de la dette, les autorités seront en mesure de demander des assurances de financement des créanciers du club de Paris pour leur programme ». C'est dire qu'on est encore loin du bout de tunnel, c'est-à-dire l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE, avec possibilité d'une annulation de près de 90% de la dette de la RDC, soit l'équivalent de 10 milliards Usd en valeur actuelle nette.
LE PARTENARIAT ETATS-UNIS - CHINE
Mais pour arriver à ce stade, il y a lieu de reconnaître que les Etats-Unis ont pesé de tout leur poids. Par l'intermédiaire de la Banque mondiale, la Chine a fait preuve de flexibilité, poussant ainsi la République démocratique du Congo à réajuster son attitude. Le compromis ainsi intervenu a fait que les contrats chinois ne constituent plus un obstacle à la conclusion d'un nouveau programme entre le FMI et la RDC.
Bien plus, les Etats-Unis qui manifestent de plus en plus un intérêt économique en Afrique - la dernière visite de Hillary Clinton en fait foi - ont décidé désormais de collaborer avec la Chine en Afrique. Plus particulièrement en République démocratique du Congo. Le « péril » n'est plus « jaune ». Raison économique oblige.
Il y a donc là un progrès considérable lorsque l'on sait que les Etats-Unis et la Chine viennent de mettre sur pied un partenariat susceptible de bouleverser certaines donnes politiques et économiques à travers le monde. Auparavant, c'est l'Union européenne qui avait manifesté le même intérêt pour une tripartite « UE- Chine - Afrique ». Or, en partant du cas de la République démocratique du Congo, il y a lieu de souligner que les Etats-Unis sont en train de damer le pion à l'Union européenne.
LE PARTAGE DU GATEAU
A l'instar de ce qui s'est passé en Afghanistan, juste après les accords de Dayton mettant fin à la guerre dans ce pays, il a été question du « partage du gâteau » pour reconstruire l'Afghanistan. Tout le monde sait comment cela s'est passé. La Russie qui avait « hésité » a été « oubliée » au profit des Etats-Unis, des Britanniques et des Français.
Serait-ce cette situation qui pourrait se reproduire en RDC ? Il est vrai que ce sont les pays européens qui ont financé les élections de 2006. Et lorsqu' il y a eu la signature de cette convention sino-congolaise, les pays occidentaux parlaient d'une même voix, jusqu' à se constituer en obstacle pour retarder la signature du nouveau programme entre le FMI et la Banque Mondiale.
Mais le pragmatisme de l'administration Obama a court-circuité les pays européens à travers cette « mission de séduction » menée par le président de la Banque Mondiale auprès de la Chine et de la RDC. Jusqu'à preuve du contraire, l'obstacle a été surmonté grâce à l'intervention américaine.
Il va sans dire que lors du « partage du gâteau », disons au moment de la distribution des marchés, les Etats-Unis et leurs multinationales partent favoris comparativement à l' Union Européenne ainsi que leurs multinationales. Selon les observateurs, les entreprises anglo-saxonnes ont déjà les deux pieds dans le domaine minier. Comme qui dirait que les « Contrats chinois » risquent de diviser les « Occidentaux ». Voire les pays de l'Union européenne, entre eux.
Pour preuve, la France n'a pas entendu les autres pour signer un contrat fabuleux avec la RDC dans le cadre de l'exploitation de l'uranium, avec la société française AREVA. Les Britanniques ont déjà rejoint le Etats-Unis pendant que les Belges qui essaient encore de comprendre certaines choses, sont en train d'être battus à la ligne d'arrivée. Ce qui fait dire à quelques uns d'entre eux de diversifier leur coopération économique pour se tourner vers les pays de l'Afrique de l'ouest et asiatiques.
SAVOIR NEGOCIER
Pluisqu'il s'agit des intérêts économiques, la RDC ne court aucun danger de travailler correctement avec la Chine et les Etats-Unis d'une part, et de l'autre avec les partenaires traditionnels, notamment ceux de l'Union européenne.
Cependant, l'important est de savoir négocier pour préserver les intérêts de l'Etat et du peuple congolais. C'est là tout le problème fondamental. D'où toutes ces inquiétudes, ces appréhensions dans la mesure où, jusqu' à preuve du contraire, les « Contrats chinois » accusent encore des zones d'ombre. Si aujourd'hui, il y a encore certaines éclaircies, le mérite revient à l'Assemblée nationale qui avait exigé un débat national.
La RDC gagnerait beaucoup si elle s'inscrivait dans la même logique en impliquant toutes les institutions nationales pour s'approprier cette démarche. On s'engagerait ainsi dans la voie de la transparence et de la bonne gouvernance.
Toute la nation y trouverait son compte. Mais aussi les partenaires extérieurs dans cette approche de « gagnant-gagnant ».

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