Les tenants et aboutissants de la réforme de l'éducation seront à nouveau débattus au cours d'une prochaine concertation technique élargie. Le concept du bilinguisme dans la langue d'enseignement figurera parmi les points à étudier. « Le bilinguisme résulte d'une entente issue de la dernière concertation technique du mois de juin et que le ministère compte proposer au cours de la prochaine concertation », soulève Michel Botomazava, secrétaire général du ministère de l'Éducation nationale (MEN).
La proposition de ce nouveau concept va naturellement remettre en cause l'utilisation de la langue malgache comme langue d'enseignement, selon la réforme de l'éducation initiée par le gouvernement sortant. « Nous sommes partants pour le bilinguisme dans l'enseignement, sauf que les élèves doivent maîtriser à la fois le malgache et le français à l'école », fait remarquer le père Jules Ranaivoson, directeur diocésain de l'enseignement catholique d'Antananarivo.
Grande tare
Mais le souci des parents demeure la maîtrise même de la langue française par les enseignants. « Je ne cesse de me plaindre des instituteurs qui mélangent le malgache et le français en expliquant les cours. Cela donne des enfants ne maîtrisant ni le français ni le malgache, de sorte que la situation cause une grande tare au cours de leurs études », met en garde Rindra Ramanahadray, une mère de famille dont l'enfant est victime du système.
Pour l'heure, rien n'est encore décidé. Mais le chef de service du développement des curricula, Dieu Donné Ranaivoarimiandry vient d'apporter des éclaircissements. « Les enseignants ne doivent pas mélanger le français et le malgache au cours des explications. Soit ils utilisent le français, soit le malgache, mais l'essentiel serait que les élèves puissent bien assimiler le fond des cours. La langue sert dans ce cas d'outil de communication et la formulation à l'écrit peut être faite dans la langue voulue », précise-t-il. Et de signaler que dans la pratique le mieux est d'utiliser la langue maternelle.
En parallèle, le ministère compte mettre en oeuvre une expertise afin de situer l'introduction de l'apprentissage des langues étrangères.
« Nous allons voir en quelle année seraient enseignés le français et l'anglais. Nos partenaires comme l'Agence francaise de développement s'apprête à nous épauler dans cette tâche », conclut le SG.
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