Plus de 20 000 personnes se trouvent au chômage et vivent des journées de galère. Certaines ont dû avoir recours à l'informel. Odile Malalanirina et Hanitramalala Raharimanana vivent au jour le jour depuis qu'elles ont été au chômage suite à la fermeture de leur entreprise franche Sud Confection, sise à Ivato.
Ces deux soeurs ont du mal à s'adapter à leur nouvelle situation depuis janvier : tenir une gargote, un gagne-pain qu'elles doivent partager avec leurs parents à Ankorondrano. « Très difficile de nous faire à ce nouveau rythme de vie. Heureusement que nos parents nous ont accueillies pour assurer notre redémarrage », souligne Odile Malalanirina, l'aînée qui a travaillé pendant dix ans dans l'entreprise franche.
45 jours de paie
En quittant la société, elles n'ont reçu que 45 jours de paie. Et elles ont dû se débrouiller pour subvenir à leur quotidien. « La vie est soudain devenue amère. Mon mari m'ayant quittée subitement à cause de mon chômage, je me suis retrouvée démunie avec un enfant à charge », regrette Hanitramalala Raharimanana, préoccupée par son avenir.
Selon elle, les autres employés de l'entreprise ont dû trouver de quoi nourrir leurs familles respectives. Beaucoup se sont reconvertis en domestiques, certaines en lavandières. « Des employés ont cherché un nouveau travail dans les entreprises encore fonctionnelles en acceptant des conditions de travail encore plus rudes », ajoute-t-elle. Les chômeurs risquent de se multiplier car beaucoup d'ONG et d'associations estiment que cette semaine est décisive sur la poursuite ou non de leur activité.
Encadré
Les syndicalistes exigent l'indemnité de chômage
Les syndicalistes craignent que le pire arrive dans les semaines à venir. Pour le moment, ils comptent plus de 25 000 chômeurs dans la capitale, des victimes directes de la crise. Pour y faire face, ils réclament la mise en place d'un filet de sécurité, consistant à verser une indemnité aux chômeurs.
« Chaque entreprise qui ferme doit répertorier ses chômeurs pour que l'État puisse leur allouer une somme quelconque. Mais l'État doit aussi penser à stabiliser la crise actuelle pour éviter que le problème du chômage n'empire », avance José Randrianasolo, secrétaire général de la Confédération générale des syndicats des travailleurs de Madagascar.
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