Le Potentiel (Kinshasa)

Libye: Kadhafi à New York

Kinshasa — Septembre sera agité à New York. Parce que l'arrivée du leader libyen y est considérée comme indésirable. Fin septembre, en effet, l'Organisation des Nations unies tient son Assemblée générale. A ce cénacle très diplomatique participent tous les Etats, riches et pauvres, minuscules et vastes. Ils ont tous une voix égale au chapitre. Uniquement sous les lambris de l'immeuble en verre de Manhattan.

Particularité, cette année : le numéro un libyen Mu'ammar al-Kadhafi est annoncé à New York. D'un côté, il va représenter l'Afrique en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine. De l'autre, après tout, n'est-il pas le chef d'Etat de la « Grande Jamarihiya arabe libyenne populaire et socialiste » ?

Le problème, c'est que l'annonce de sa première participation à l'Assemblée générale de l'Onu, depuis 40 ans qu'il est au pouvoir, suscite ou ressuscite l'animosité des gens qui lui demandent des comptes.

Exemple. Les élus yankees de New Jersey craignent que, pendant son séjour, le bédouin ne vienne installer sa légendaire tente sur un terrain que possède la Libye à Englewood, une petite ville proche de New York. Ironie, c'est dans cette banlieue que résident plusieurs familles de victimes de l'attentat de Lockerbie.

Ah, Lockerbie ! Vous avez oublié ? Ça s'est produit dans les années de l'activisme révolutionnaire et terroriste du dirigeant libyen. Les ressources de son pétrole finançaient ça et là les esprits qui haïssaient le modèle dominateur occidental.

Alimentés par la haine, ses exécutants ont fait exploser des avions civils et des édifices publics à l'étranger. A eux deux, le sulfureux Ali Mohamed al-Megrahi et un collègue des services secrets libyens ont, le 21 décembre 1988, fait exploser en plein vol le Boeing de la Panam au-dessus de Lockerbie (Ecosse), faisant 270 morts. Un carnage.

Vous comprenez l'origine de la vengeance qui s'exprime aux USA. Un sénateur de New Jersey a même demandé au gouvernement de restreindre les mouvements du Libyen dans un rayon de 40 km autour du siège de l'Onu.

Tout naturellement, Obama n'est pas aussi épidermique que Bush. Aussi, le département d'Etat a-t-il fait savoir qu'il reste sensible aux inquiétudes des populations. Mais qu'il discute de la « chose » avec les autorités de New York et les Libyens, devenus fréquentables en business, pour éviter des incidents diplomatiques.

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