Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Révélations du diplomate canadien enlevé - 'Un des membres d'al-qaïda m'a dit venir du sénégal'

On n'a pas encore fini de parler de possibles liens entre Al-Qaïda et le Sénégal suite aux attentats survenus en Mauritanie, une révélation d'un ancien diplomate canadien enlevé au Niger le 14 décembre 2008 révèle qu'un des membres de son groupe de ravisseurs appartenants à Al Qaida viendrait du Sénégal. Notre pays serait-il une base de recrutements ou de refuges pour Al-Qaïda ?

Robert Fowler ne s'est pas posé cette question. L'ancien diplomate canadien, envoyé spécial des Nations unies au Niger pour résoudre le litige opposant les rebelles et le gouvernement du président Tandja à propos des territoires au Nord recelant d'importants gisements miniers a surtout tenu à accuser le Niger de l'avoir vendu à Al-Qaïda. Le diplomate, libéré le 22 avril 2009 après près de 130 jours de captivité, a raconté les détails de cet événement au réseau anglais Cbc de Radio Canada.

Arrêté le 14 décembre 2009 avec son assistant Louis Gay, Robert Fowler soutient que l'enlèvement 'réalisé avec efficacité' n'a pris que 45 secondes. Un camion avec des hommes armés de kalachnikovs leur a coupé la route. Le diplomate a eu un traitement dur puisqu'il s'est retrouvé avec des vertèbres fracturés.

Les deux hommes ont ensuite dû rester étendus sous une couverture puante d'huile pour un voyage de 56 heures, sur des routes peu praticables. C'est dans le lot des rebelles chargés de garder les détenus où figuraient d'autres ressortissants européens que M. Fowler a révélé qu"un des rebelles a dit venir du Sénégal et fait partie d'Al-Qaïda'. L'ancien envoyé spécial de l'Onu n'a pas précisé l'identité du 'Sénégalais' d'Al-Qaïda, ni son itinéraire et ni s'il s'agit d'un étranger qui vivait seulement dans notre pays. Il a, cependant, révélé qu'ils ont été détenus au nord du Mali ; or l'aile d'Al-Qaïda pour l'Afrique du Nord est basée en Algérie. La préoccupation essentielle du diplomate, c'est d'accuser le Niger et subsidiairement l'Onu du fait qu'ils étaient les seuls à connaître son itinéraire de voyage. 'Cela pourrait être le gouvernement du Niger ; cela pourrait être un sympathisant d'Al-Qaïda au bureau de l'Onu au Niger, ou en Afrique de l'Ouest... ou au quartier général à New York', a-t-il précisé.

Plusieurs biens ont été recensés au nom de personnes condamnées à dédommager la Banque extérieure d'Algérie (BEA) dans le cadre de l'affaire de l'ex-Banque commerciale et industrielle d'Algérie (BCIA), a-t-on appris du Président-directeur général de la BEA, M. Mohamed Loukal.Le diplomate estime que l'attitude de passivité du Niger sur son cas est le fait que les autorités en place appréciaient très mal son travail qui visait à résoudre un conflit entre des rebelles et le gouvernement concernant des redevances sur des ressources naturelles. Les rebelles Touareg revendiquaient des territoires dans le nord du pays qui incluent une mine d'uranium, une des deux mines en opération au Niger. Pour l'émissaire onusien, le gouvernement du Niger s'est seulement contenté de nier son implication dans son enlèvement qui a été bien planifié du fait qu'il était le plus gradé de l'Onu à séjourner en ce moment dans le pays.

Pendant son kidnapping, de près de quatre mois, il a indiqué que les ravisseurs lui ont régulièrement montré des Dvd illustrant des attaques suicides à la bombe et de la propagande d'Al-Qaïda. Sa libération effective le 22 avril dernier a suscité une polémique au Canada. Le Premier ministre, Stéphan Harper, fut obligé de préciser que le gouvernement canadien n'avait pas versé de l'argent pour obtenir la libération de M. Fowler ; tandis que le Mali a aussi précisé qu'il a simplement joué les bons offices.


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