Patou NSIMBA
11 Septembre 2009
Kinshasa — Contre les fréquents délestages du courant électrique et, récemment, les inondations survenues à Dakar, les deux artistes musiciens pilotent une croisade de protestation et d'interpellation. Ils utilisent un langage approprié.
Alerte musicale et citoyenne à Dakar. Les deux artistes dakarois élèvent le ton. Dénoncent. Interpellent. Youssou N'Dour et le rappeur Awadi s'en vont en guerre contre la malgouvernance, qui entretient les délestages et s'avoue complice des inondations survenues dans nombre de pays de l'Ouest de l'Afrique.
Pour exprimer leur solidarité avec le peuple sénégalais, l'international Youssou N'Dour et le rappeur Awadi ont sorti le même jour, chacun de son côté, une chanson dont le contenu engagé, fort contestataire, est un message clair à l'adresse des politiciens et d'autres dirigeants du pays.
Ce sont des paroles en langue wolof, qui n'ont rien d'une histoire d'amour : « Le peuple est fatigué d'être dans les ténèbres, ça coupe le matin, ça coupe le soir », largue le musicien Youssou N'Dour, dans un titre, constitué d'emprunt de la chanson « Obladi, Oblada » du groupe musical the Beatles. «Leep mo Lendem», littéralement, «tout est dans l'obscurité» est le titre dans lequel, le grand Youssou N'Dour dénonce les délestages électriques au Sénégal.
Plus qu'un chien atteint de bacille de rage, l'artiste s'en prend à ceux qui sont chargés de gérer le secteur de l'énergie, « vous nous cachez la vérité et vous nous faites souffrir ». Dans ce titre, plus loin encore, lance t-il, « nous en avons marre des paroles maintenant nous voulons des solutions ».
Le roi du Mbalax, Youssou N'Dour, renoue, par ce disque, avec des textes engagés. Une coïncidence qui fait, qu'il arrive sur les ondes en même temps qu'un autre artiste, révolutionnaire, plus habitué à la contestation, le rappeur Didier Awadi qui sort le titre « Dafa Doy », en langue wolof, qui veut dire : «Y'en a marre». Ces deux singles sont uniquement disponibles en téléchargement, et sont diffusés en dehors du circuit commercial.
A Kinshasa, les uns (les jeunes rappeurs) dénoncent les maux, quant aux ndombolistes (adeptes du ndombolo), ils vantent le pouvoir et parlent de la femme en outrance.
Les artistes musiciens congolais passent leur temps sur les chaînes de télé, à Kinshasa et ses environs, pour ne rien que parler des babioles. Les ndombolistes passent le temps à parler de leurs vies, charroi automobile, et de leurs petites copines. De vrais rançonneurs qui ne se soucient pas du peuple.
Des diffusions indécentes interviennent à la télé, où l'on ne voit que du porno en l'air, des femmes à moitié nues, en train de faire bondir leur popotin, de manière rotative. «C'est de la mondialisation», disent-ils. Et, aucune sanction n'intervient, tout simplement parce qu'ils sont les amis de la racaille politicienne ou les amis des généraux ; des communiqués d'interdiction de cris obscènes et de scènes pitoyables circulent, renaissent et meurt. Vive le Congo ! Que des bêtises, rien que des bêtises
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.